Monde

Les Américains veulent plus que des «prières pour les victimes des fusillades»

Temps de lecture : 2 min

Après la fusillade de San Bernardino, la formule «nos prières et nos pensées vont aux victimes» est répétée mécaniquement par les Républicains.

Une femme en pleurs qui attend un proche, qui n’a pas été blessé lors de la fusillade de San Bernardino, le 2 décembre 2015 | REUTERS/Alex Gallardo
Une femme en pleurs qui attend un proche, qui n’a pas été blessé lors de la fusillade de San Bernardino, le 2 décembre 2015 | REUTERS/Alex Gallardo

Au début de son premier mandat, lorsque le président Obama réagissait à une fusillade de masse, il exprimait surtout de la sympathie et de la tristesse. Mais son attitude a changé et, de plus en plus, Obama réagit aux fusillades avec colère et frustration.

Après la fusillade de San Bernardino, qui a fait quatorze morts le 2 décembre, le président a dit que le Congrès devrait passer des lois plus strictes pour le contrôle des armes à feu. Après la fusillade de Roseburg, dans l’Oregon, en octobre, il avait déclaré:

«Comme je l’ai dit il y a plusieurs mois, et je l’avais aussi dit plusieurs mois avant cela, et je le répète à chaque fusillade de masse, nos pensées et nos prières ne suffisent pas. Ça ne suffit pas.»

De leur côté, la plupart des candidats à la primaire républicaine se sont contentés de dire qu’ils priaient pour les victimes, remarque The Atlantic. Un journaliste du magazine The Nation a écrit un tweet dans lequel il compare les réactions des candidats républicains à celles des démocrates:

Les démocrates ont une réponse plutôt politique, avec Hillary Clinton qui parle de la nécessité d’agir pour arrêter la violence par armes à feu, et Martin O’Malley (le candidat démocrate en bas des sondages) qui mentionne la NRA, le lobby des armes.

«Horribles nouvelles venant de San Bernardino. Ça suffit: il est temps de résister à la NRA et de faire passer des lois de contrôle des armes à feu.»

Chez les Républicains, la formule «nos prières et nos pensées vont aux victimes» revient plusieurs fois, de Ted Cruz à Ben Carson. Ces petites phrases de sympathie répétées mécaniquement après chaque fusillade ont énervé de nombreux Américains sur Twitter.

Hypocrisie

Le sénateur du Connecticut Chris Murphy a critiqué l’inadéquation de cette formule:

«Vos “pensées” devraient se concentrer sur les mesures à prendre pour arrêter ce carnage. Vos “prières” devraient être pour implorer pardon si vous ne faites rien –encore.»

Un éditorialiste du Boston Globe a exprimé une idée similaire:

«Si votre seule réaction est de prier alors qu’il y a une fusillade de masse tous les jours...alors arrêtez.»

La une du Daily News du 3 décembre, repérée et analysée par Arrêt sur images, souligne également que «Dieu ne règlera pas ça»:

Dans Think Progress, le journaliste Igor Volsky a souligné l’hypocrisie de nombreux élus qui envoient leurs prières aux victimes via Twitter et reçoivent des chèques de la NRA, le lobby des armes, afin de financer leurs campagnes. Ici, il critique particulièrement le sénateur du Kentucky Mitch McConnell, qui a tweeté une phrase-type sur les «pensées aux victimes» de la tragédie:

«La NRA a donné 922.000 dollars pour la campagne de réelection de McConnell, donc quand il s’agit d’empêcher la violence par armes à feu, vous n’aurez que ce tweet.»

Slate.fr

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