Monde

Il croupit encore dans les geôles de Guantanamo à cause d'homonymes

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 02.12.2015 à 16 h 52

Repéré sur The Guardian, Département de la Défense

Mustafa al-Aziz al-Shamiri est bien un ancien djihadiste mais pas aussi haut placé que le pensait l'administration américaine vient-elle de reconnaître.

Camp Delta de Guantanamo | Kathleen T. Rhem via Wikimedia CC License by

Camp Delta de Guantanamo | Kathleen T. Rhem via Wikimedia CC License by

Mustafa al-Aziz al-Shamiri est enfermé depuis treize ans dans la prison américaine de Guantanamo, située sur l'île de Cuba, à la place de Mustafa al-Aziz al-Shamiri. Vous ne voyez pas la différence et c’est normal car c’est cette homonymie qui a perdu le premier, explique le Guardian.

Le site du quotidien britannique a lu le profil publié par le département de la défense américain à l’occasion de l’audition de Shamiri en vue d’une possible remise en liberté. Il en ressort que si son arrestation ne doit rien au hasard, la prolongation de sa détention (sans procès) est le fruit d’une erreur stupide:

«Mustafa al-Aziz al-Shamiri a combattu dans divers théâtres d’opérations djihadistes et a fréquenté des membres d’al-Qaïda en Afghanistan. Auparavant, on attribuait en plus à YM-434 les rôles d’animateur d’al-Qaïda, de courrier et de formateur, mais nous pensons à présent que ces fonctions étaient exercés par un d’autres individus aux noms ou pseudonymes similaires à celui de YM-434.»

Du djihad à la pâtisserie

Mustafa al-Aziz al-Shamiri n’était donc qu’un simple soldat de l’organisation islamiste et non un instructeur ou un agent de liaison. Les théâtres d’opérations djihadistes évoqués ici sont la Bosnie en 1995, le Yémen (dont il est originaire) en 1996 ainsi que l’Afghanistan en 2000-2001, où il a fait la guerre aux côtés des talibans contre les rebelles de l’Alliance du nord et les Américains. C’est sur ce territoire qu’il a été arrêté. Le document délivré par le centre de Guantanamo recèle une autre information importante sur Shamiri. Celui-ci n’aurait jamais envisagé s’engager dans un djihad global même si à l'évidence il n’excluait pas de prendre les armes au nom de sa religion.

Comme on doit bien s’occuper quand on est enfermé pendant douze ans, Shamiri a pris notamment des cours d’anglais, s’est perfectionné en cuisine et a appris la pâtisserie. Il a longtemps espéré pouvoir revenir à Sanaa, capitale du Yémen, pour y travailler dans la boutique familiale mais le procès-verbal de la présentation de Shamiri par son avocat lors de son audition indique que l’instabilité politique locale l’a poussé à revoir ses plans. Il cherche à présent un pays enclin à l’accueillir lui et sa famille. Enfin, pour ça, il faudra d’abord que Guantanamo accepte de le laisser partir, et la prison réserve encore sa réponse.

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