Monde

Révélations macabres sur la prise d'otage de Munich en 1972

Temps de lecture : 2 min

Les veuves de deux Israéliens tués par les terroristes témoignent publiquement de ce qu'elles ont appris du calvaire de leurs maris il y a plus de quarante ans.

Bâtiment où s'est déroulé la prise d'otages | ProhibitOnions via Flickr CC License by

Le 5 septembre, à l’aube, huit assaillants du collectif «Septembre noir» s’introduisent dans un complexe ConnolyStrasse de Munich où dorment les athlètes de la délégation israélienne et leurs entraîneurs venus disputer les Jeux olympiques. Les assaillants sont palestiniens et veulent contraindre Israël à libérer plus de deux cents de leurs compatriotes emprisonnés, et les exfiltrer vers l’Égypte.

C’est le début d’une prise d’otage durant laquelle deux Israéliens sont tués tandis que neuf autres seront assassinés dans la soirée lors d’une tentative d’intervention de la police allemande. On connaissait, heure par heure, le déroulement de cette tragédie et pourtant le New York Times vient de révéler des détails jusqu’ici inconnus du grand public.

Battus et mutilés

Le journal new-yorkais s’appuie sur le témoignage d’Ilana Romano, veuve de Yossef Romano, champion d’haltérophilie tué par les terroristes alors qu’il s’opposait à leur entrée dans l’appartement des sportifs, et sur celui d’Ankie Spitzer, épouse du défunt Andre Spitzer, à l’époque entraîneur d’escrime. Celles-ci ont décidé de dire ce qu’elles ont vu et appris en 1992, vingt ans après les faits, dans le cabinet de leur avocat.

Le juriste leur avait alors montré des photos prises le jour de l’attaque. Les clichés mettaient en évidence que tous les membres de la délégation détenus par les militants palestiniens avaient été sévèrement battus. Yossef Romano avait, quant à lui, fait l’objet d’un traitement particulier. Laissé pour mort après avoir reçu une balle, il avait été castré par ses tortionnaires. Impossible de savoir si la mutilation a été réalisée avant ou après sa mort, même si sa veuve estime que l’action était probablement post-mortem.

L'échec de la police allemande

À vrai dire, le L.A Times avait évoqué ces exactions en premier il y a plusieurs années. Le journal de Los Angeles racontait la visite de Walter Troger, maire du Village olympique, et de Hans-Dietrich Genscher, ministre de l’Intérieur de la République fédérale d’Allemagne, dans l’appartement tenu par les terroristes pour s’assurer que leurs prisonniers étaient encore vivants. Les deux hommes avaient pu constater la mort de Romano et la nature de ses blessures.

L’article éclaire également les raisons pour lesquelles les autorités allemandes ont échoué à protéger les sportifs et à les secourir. Soucieuses de faire oublier le passé nazi du pays, elles n’avaient pas placé de patrouilles de policiers armés dans le Village olympique. L’Allemagne n’avait pas non plus de brigade d’intervention à cette époque.

Slate.fr

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