Culture

Comment se remettre d'un disque de rupture?

Boris Bastide, mis à jour le 14.12.2015 à 17 h 30

Adele et Coldplay nous avaient laissé sur une note mélancolique en mettant en musique leurs déboires sentimentaux. Ils reviennent tous les deux dans les bacs en cette fin d'année. Sur une note plus joyeuse? Petite revue en six points des stratégies pour rebondir après un album centré sur une séparation.

Adele, en février 2012 aux Grammy Awards I REUTERS/Mario Anzuoni

Adele, en février 2012 aux Grammy Awards I REUTERS/Mario Anzuoni

La mauvaise nouvelle est tombée début août: la chanteuse Björk décidait d'annuler sa tournée européenne qui devait l'amener à la Route du rock puis au Pitchfork Festival. Conflit d'agenda, indiqua d'abord son service de presse, avant qu'elle n'en révèle elle-même la véritable raison via Facebook: il était temps de prendre un «nouveau départ». Jouer les chansons de son dernier album Vulnicura chaque soir pendant quelques mois encore était tout simplement au-dessus de ses forces.

dear audiencei would like to thank everyone for the concert last night !!!!!! i have no words to describe how grateful...

Posté par Björk sur samedi 8 août 2015

Brut dans sa forme, intense sur le fond, composé dans la foulée de sa séparation avec l'artiste contemporain Matthew Barney, Vulnicura rentre parfaitement dans le moule des grands albums de rupture, ces disques où les artistes expurgent en un cri primal tous les affects liés à une déception amoureuse. Bien souvent débarrassées d'artifices superflus, hantées par une douleur dans laquelle chacun est invité à reconnaître ses propres blessures passées, présentes et futures, ces œuvres forment presque un genre à part entière, listé ça et .

Mais que se passe-t-il ensuite? Tout un chacun a sa propre manière de se remettre d'une rupture. D'oublier, de ressasser, de revivre, de replonger encore et encore pour finalement peut-être se relever pour de bon. Tourner la page. En va-t-il alors de la musique comme de la vie? Pour en avoir le cœur net, petit tour d'horizon des disques d'après.

1.S'effondrer pour de bon

Malheureusement, il nous faut aborder à un moment ou à un autre l'hypothèse la plus tragique, alors autant commencer par là: il y a des ruptures dont on ne se remet pas. Jamais. On a sans doute tous autour de nous des gens qui ont un jour été tellement abîmés par une séparation qu'ils n'en sont pas ressortis indemnes. Pour les musiciens, c'est pareil. Certains disques de rupture font alors figure d'adieu. Terre dévastée sur laquelle plus rien ne pousse. 

C'est notamment le cas d'un des plus célèbres groupes de la pop: Abba. Mi-février 1981, Benny Andersson et Anni-Frid Lyngstad annoncent leur divorce. Un mois plus tard, les voilà en studio pour enregistrer The Visitors (1982), premier album à sortir en format CDLes mélodies sucrées laissent place à une légère amertume, particulièrement sensible sur des morceaux comme «When All is Said and Done», «One of Us», «Slipping Through My Finger», «Should I Laugh or Cry». Le public suit, moins nombreux. À plusieurs reprises, dans les mois qui suivent, le groupe se réunit pour de nouvelles sessions d'enregistrement. En vain. N'en survivront que quelques morceaux qui bénéficieront de sorties éparses à l'occasion de compilations ou coffrets. Sans qu'Abba n'ait besoin d'annoncer sa séparation officielle, le mal était fait.


Sur une note encore plus triste, Amy Winehouse ne donna jamais suite à son chef-d'œuvre Back to Black (2006), inspiré en grande partie par sa rupture avec Blake Fielder-Civil et sa bataille contre ses addictions. Le 27 juillet 2011, elle décède d'ivresse, laissant derrière elle une poignée d'enregistrements non finalisés. Les titres «Love is a Losing Game», «Tears Dry on their Own», «Wake Up Alone», «You Know I'm No Good» et bien sûr «Back to Black», eux, résonnent encore. 

2.Enchaîner les ruptures

Pour certains artistes, le disque de rupture a presque des airs de créneau commercial. Ils les enchaînent les uns après les autres, comme il peut arriver parfois de multiplier les histoires sans lendemain, se cassant sans cesse les dents sur le même obstacle.

Parmi la jeune génération de stars de la pop, Taylor Swift s'est notamment fait une réputation de spécialiste du réglement de comptes. Dès la promotion de son deuxième album Fearless (2008), la chanteuse expliquait à Oakland Press:

«J'essaie vraiment d'écrire à propos de ce que je peux ressentir, des hommes, de l'amour parce que c'est ce qui me fascine plus que tout –l'amour et ce que ça nous fait, comment on se comporte avec les autres et comment ils se comportent avec nous. Presque tous les morceaux du disque ont un visage qui leur est associé.» 

Fearless voyait donc la chanteuse country s'épancher sur ses déboires sentimentaux et la fin du mythe du prince charmant, comme sur «White Horse». Sauf que sur les albums suivants, Speak Now (2010) et Red (2012), Taylor Swift enfonce un peu plus le clou. Manipulation, trahison, malaise... chaque détail est disséqué, amenant la presse people à multiplier les hypothèses sur l'identité des intéressés. Si l'horizon sentimental reste à peu près inchangé, la forme évolue lentement, elle, d'une country un peu sage vers une pop adulte. Dans la rupture, Taylor Swift trouve paradoxalement un terreau propice à l'affirmation de soi et à la prise de contrôle. 


D'ailleurs, lors de la promo de son dernier album 1989 (2014), elle l'affirme: fini les hommes pour l'instant, place aux copines stars. Et la pop star de se sentir obligée de préciser que le morceau «Bad Blood» lui avait été inspiré par une collègue peu amène, et non un petit ami. «Je ne veux pas être connue comme la reine des cœurs brisés, confie-t-elle au magazine Elle, mais pour avoir une vie réussie.» Ironie du sort, en septembre 2015, Ryan Adams reprend 1989, en intégralité, le transformant cette fois en vrai disque de rupture après sa séparation avec Mandy Moore. «J'étais complètement déprimé à l'époque», explique le compositeur de Heartbreaker. Sous des dehors de pop accrocheuse, cœur triste.

 

3.Retomber amoureux

Tous les deux maîtres de la chanson d'amour, ils ont à un moment cédé à un accès de mélancolie. En 1955, Frank Sinatra sort un des tous premiers albums concepts de l'histoire de la pop: In The Wee Small Hours. L'Américain y enchaîne les bluettes tristes, inspirées entre autres par son divorce quelques années plus tôt avec sa femme Nancy. Remarié avec l'actrice Ava Gardner, Sinatra traverse alors quelques années tumultueuses. Ce qui ne l'empêche pas, quelques mois plus tard, d'en prendre le complet contrepied avec l'album Songs for Swingin' Lovers (1956)arrangé par Nelson Riddletout en intonations pop et jazz. Le disque est une joyeuse célébration de l'amour aux titres évocateurs: «You Brought A New Kind of Love to Me», «Too Marvelous for Words», «Love is Here to Stay», «We'll Be Together Again», «Makin' Whoopee». Songs for Swingin' Lovers comprend surtout le classique «I've Got You Under My Skin». Il faut dire qu'entre les deux albums, Sinatra avait reconquis le succès et la gloire.

 
En 1975, Anna Gordy Gaye demande le divorce à son mari Marvin. Deux ans plus tard, elle obtient gain de cause et son époux se voit dans l'obligation de lui reverser une partie des royalties de son disque suivant. C'est dans ce contexte chaotique que Marvin Gaye compose Here, My Dear. Après avoir écouté les quatorze morceaux, Anna Gordy, fille du magnat de la Motown Berry Gordy, portera plainte pour violation de la vie privée, en vain –le site People.com qualifie le disque d'équivalent musical aux Scènes de la vie conjugale d'Ingmar Bergman.

La voie de la guérison sera lente. Après avoir travaillé sur un disque dans la lignée du précédent, Marvin Gaye fait volte-face et modifie ses compositions dans le sens d'un album de soul-funk plus sensuel et léger, au message plus positif: In Our Lifetime (1981). Il aurait alors déclaré: «Qui avait besoin d'un autre disque se plaignant et attaquant une bonne femme?», rapporte son biographe David Ritz. Un an plus tard, libéré de son contrat avec Motown, Marvin Gaye sort le plus gros hit de sa carrière; «Sexual Healing».


Plus proche de nous, Blur mettra quatre ans à se relever de 13 (1999), un album plus personnel et sombre marqué par la séparation de Damon Albarn avec sa compagne Justine Frischmann, la chanteuse d'Elastica. «Je n'ai aucune raison d'avoir peur parce que je t'aime», clame en ouverture de Think Tank (2003) le morceau «Ambulance». Les titres «Out of Time», «Good Song», «Caravan», «Sweet Song» et «Battery in Your Leg» dessinent alors la face tendre d'un album également porté par l'energie d'un monde en mouvement. Pour le Guardian, Damon Albarn se souvient de deux mois passés en Jamaïque en 2001 avec sa nouvelle compagne Suzi Winstanley: «Je me sentais vraiment en train de fuir le désespoir.»

 

4.Revenir aux basiques

Dans certaines carrières, le disque de rupture fait figure d'anomalie. De moment à part où l'artiste brise un moule pour mieux y retourner une fois la séparation digérée. Même si, parfois, la transition prend un peu de temps.

En 2002, Beck sort ainsi Sea Change, un disque de chansons personnelles sous influences gainsbouriennes enregistré avec un groupe dans des conditions du live. Des compositions écrites quelques années plus tôt après une rupture qui mettait fin à une relation de neuf ans. Pour se remettre sur pied pour son disque suivant, le chanteur américain fait alors appel aux Dust Brothers et Tony Hoffer, les producteurs déjà aux manettes d'Odelay près de dix ans plus tôt. Résultat, Guero (2005) renoue avec la veine post-moderne de ses premiers albums en mélangeant allégrément les genres, et devient l'album le plus vendu de sa carrière.


À peine un an après Blood on the Tracks (1975), qui documente l"effondrement de son mariage avec Sara, même si l'artiste avance s'être inspiré de Tchekov plus que de sa propre vie, Bob Dylan sort Desire. Il renoue alors avec la veine plus politique des années 1960 à travers les chansons «Hurricane», qui tente de réhabiliter le boxeur Rubin Carter, condamné pour un triple homicide, et «Joey», la longue histoire d'un bandit au code moral affirmé, dans la tradition d'un Woody Guthrie. Ajoutez-y une pensée de spiritualité et de sentiments, et vous avez là tout l'éventail de l'artiste. Suffisant pour séduire le public qui amène Desire au premier rang des charts américains, mais pas pour garder Sara, qui demande le divorce à Dylan en 1977.

 

5.Changer de perspective

En cas de rupture, il y a un facteur qui ne manque pas de peser de tout son poids: le temps. Il aide à surmonter les peines et à offrir un nouveau regard sur les choses. Plus mûr. Plus apaisé. L'exemple d'Alanis Morissette est éloquent. Jagged Little Pill (1995) crachait sa rancoeur au visage quand trois ans plus tard, Supposed Former Infatuation Junkie (1998), sous influence bouddhiste, déplaçait le propos pour offrir un autre regard sur soi. Plus positif. Plus spirituel. Tout en traitant les mêmes thèmes. Sur «Thank U», l'Américaine chante: «Et si je ne te critiquais pas pour tout / Et si j'essayais de profiter du moment pour une fois / Et si on regardait le bien que ça me fait de finalement te pardonner.»

 
Chez Nick Cave, on observe le même déplacement de propos entre The Boatman's Call (1997) et No More Shall We Part (2001). Le premier, composé de belles mélodies au piano, est davantage dans la plainte et la perte. Dans la douleur de la séparation de l'être aimé. Quatre ans plus tard, la perte est toujours là, mais le ton est à la célébration de l'amour. L'expérience a été vécue. Le message est de ne plus s'y frotter. De faire en sorte de trouver une forme de paix, que Nick Cave traduit ici par de superbes arrangements de cordes.


Cet après, c'est exactement l'espace qu'Adele creuse avec son nouvel album 25. Interrogée sur l'opportunisme de répéter la formule de 21, disque de rupture qui avait bouleversé avec lui une bonne partie de la planète pop autour des titres «Rolling in the Deep» et «Someone Like You», la jeune chanteuse britannique a eu cette réponse cinglante à ID Vice:

«De manière parfaitement consciente, je ne voulais pas écrire un autre 21. Je n'allais sûrement pas composer un nouveau disque de rupture parce que je n'ai pas le cœur brisé. Je ne ferais pas mieux que celui que j'ai déjà fait, alors quel intérêt? Surtout, rien ne vaut la peine de se retrouver dans l'état dans lequel j'étais quand j'ai écrit 21. J'étais triste et très seule. Sans même prendre en compte le fait que je suis maman ou que j'ai un compagnon, je ne veux jamais revivre ça de toute ma vie.»

Adele l'a affiché avant même sa sortie dans un long communiqué: 25 sera un disque de réconciliation. Avec soi, le temps perdu. «25 parle d'apprendre à connaître la personne que je suis devenue sans même y faire attention. Je suis désolé que ça ait pris autant de temps, mais c'est la vie», écrit-elle.

La vie d'Adèle, il n'est question que de ça sur 25. Mais ramenée à une forme d'expérience universelle: son nouveau rôle de mère, le temps qui file entre les doigts, la distance, le manque, le pardon, la force de l'amour... Chaque histoire est construite autour de petits détails concrets du quotidien qui prennent soudain toute une dimension symbolique, de la rivière auprès de laquelle elle allait se ressourcer enfant («River Lea») à la lumière de la chambre des amants de «I Miss You» en passant par la photographie figeant un souvenir fugace («When We Were Young»). À chacun ensuite de s'y engouffrer.


La force d'Adele, c'est sa sincérité. Par l'intermédiaire de sa voix à la fois virtuose mais fragile, sa douleur devient nôtre. Elle se communique à nous, tel ce «Hello» de l'autre côté qui ne demande qu'à se connecter. Son refus des codes de la pop star, son apparente simplicité, ses textes confessions qui ne négligent jamais le prosaïque... Tout indique qu'elle est des nôtres. Sa musique invite à la communion. Une communion de masse qui transcende les âges et les classes autour d'une attention commune: l'émotion, symbole d'une vie qui bouge encore malgré les épreuves. Le disque s'est vendu à 3,38 millions d'exemplaires aux États-Unis lors de sa première semaine d'exploitation. Il s'est encore vendu à plus d'un million d'exemplaires la semaine suivante. Du jamais vu.
 

6.Célébrer la vie (entre amis)

Autant les albums de rupture sont beaucoup conçus en solitaire ou en petit comité du fait de la nature très personnelle du propos, autant le disque suivant bénéficie en général d'un plus grand nombre de collaborateurs. Comme s'il y avait ce besoin de recoller à la vie en s'entourant, en se confrontant aux autres. L'impératif d'ouvrir les fenêtres. Justin Vernon, alias Bon Iver, en est le parfait exemple. L'Américain s'est fait connaître avec un premier album déchirant de simplicité, For Emma, Forever Ago (2007), composé reclus chez lui dans le Wisconsin. Comme une catharsis à tout ce qui n'allait pas dans sa vie. Pour le disque suivant, la démarche n'était plus du tout la même:

«J'avais ces chansons brutes que j'aimais mais j'avais envie de textures, déclarait-il en 2011 à Pitchfork. [...] Dans ma tête, je me disais: "Je vais inviter ces musiciens et voir ce qu'il se passe". Les doubles saxophones, Ellington –toutes ces références affluaient dans mon esprit. Donc, on a contacté le guitariste pedal steel Greg Leisz, les saxophonistes Mike Lewis et Colin Stetson, qui sont vraiment mes saxophonistes préférés au monde. Pourquoi pas? Quand est-ce que j'aurais à nouveau une telle opportunité? Peut-être jamais.»


Bon Iver a clairement été encouragé à cette prise d'initiative par sa participation au plus grand disque post-disque de rupture de ces dernières années: My Beautiful Dark Twisted Fantasy (2010) de Kanye West. L'album fait alors suite à 808's & Heartbreak, sur lequel le rappeur américain a cassé sa science poussée du sample pour des beats maladifs et minimalistes sur fond de vocoder. Une œuvre bouleversante de sincérité et de douleur qui rompt avec les codes en vigueur du genre, selon lesquels on expose davantage sa force que ses fragilités. Sauf qu'une fois sa liberté gagnée, Kanye West va refaire tout le chemin inverse mais puissance mille.

My Beautiful Dark Twisted Fantasy est l'œuvre d'un égo démesuré en roue libre. Tous les excès sont encouragés dans une sorte de folie à la fois monstrueuse et virtuose. Complex a consacré un long reportage aux sessions d'enregistrements organisés par le rappeur à Honolulu, où chacun des prestigieux convives (de RZA à Bon Iver en passant par Jay-Z, Nicki Minaj, Kid Cudi ou Rick Ross...) est invité à participer librement à la fabrication d'un disque qui s'étend peu à peu comme une tentacule sur plusieurs studios. Processus collaboratif poussé à l'extrême où chacun veut donner le meilleur de soi au profit d'une vision résolument offensive et optimiste. 


Si ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, il faut parfois traverser les pires épreuves pour pouvoir ensuite remonter la pente. C'est aussi ce que nous dit le nouveau disque de Coldplay. Après un terne Ghost Stories (2014) sur lequel Chris Martin exorcisait sa rupture avec Gwyneth Paltrow, A Head Full Of Dreams, sorti ce vendredi 4 décembre, joue à fond la carte du tout en couleurs sans avoir peur de frôler le ridicule sur deux-trois morceaux par tant de grandiloquence premier degré. «C'est un disque hippie», a expliqué à Rolling Stone Chris Martin, qui cite dans une des chansons un texte du XIIIe siècle du poète perse Rumi. «Il a changé ma vie. Il explique que tout ce qui vous arrive dans la vie est OK. Chacun de nos sentiments est un présent. Le doute et la dépression tout autant que la joie nous sont utiles si on peut les canaliser.» 


Beyoncé et sa fille Blue Ivy, Noel Gallagher, Gwyneth Paltrow et les propres enfants du couple sont les principaux invités de cette grande fête païenne mise en musique notamment par Stargate, les producteurs de Rihanna. De rupture en rupture, Coldplay a donc gagné en liberté, laissant loin derrière loin le rock à guitares des premiers disques pour un melting pop à la dernière mode. Démarche sincère? Opportuniste? Sans doute un peu des deux. En attendant, le bonheur de Coldplay pourrait bien être contagieux. Le groupe anglais, qui n'avait pas tourné pour défendre son précédent album, est déjà annoncé pour le show de la mi-temps du Super Bowl et ses centaines de millions de télespectateurs du monde entier. Double rainbow all the way.

Boris Bastide
Boris Bastide (106 articles)
Éditeur à Slate.fr
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