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Mark Zuckerberg, le prochain Bill Gates? Ce sera plus dur qu'il ne le croit

Lily Hay Newman, traduit par Claire Levenson, mis à jour le 02.12.2015 à 10 h 02

Le fondateur de Facebook vient d'annoncer qu'il souhaitait donner au fil du temps 99% de ses actions dans sa société à une nouvelle fondation liée à l'enfance. Mais est-il vraiment en mesure d'impulser un changement à la mesure de celui de son héros?

Capture d'écran Facebook

Capture d'écran Facebook

En 2013, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, avait expliqué que quand il était petit, Bill Gates était son héros. Avec son patrimoine de près de 46 milliards de dollars, le jeune entrepreneur semble maintenant avoir la même approche intensive de la philanthropie que son idole (dont le patrimoine est estimé à près de 85 milliards de dollars). Pour célébrer la naissance de leur premier enfant, mardi 1er décembre, Zuckerberg et sa femme Priscilla Chan ont annoncé la création de la Chan Zuckerberg Initiative, une fondation qui sera financée à 99% par les actions Facebook du couple, soit environ 45 milliards de dollars.

Le but est de «faire avancer le potentiel humain et de promouvoir l'égalité pour tous les enfants de la prochaine génération. Au départ, nous nous concentrerons surtout sur l'apprentissage personnalisé, la guérison des maladies, ainsi que la création de liens sociaux et de communautés fortes»

Un problème de timing

Cela ressemble beaucoup à la mission de la fondation Bill & Melinda Gates: «Nous reconnaissons que toutes les vies ont une valeur égale. Nous dédions nos efforts à l'amélioration de la qualité de vie pour tous les individus autour du monde. De l'éducation des élèves de Chicago, à la santé d'une jeune mère au Nigéria, nous sommes des catalyseurs d'espoir partout dans le monde.» Il y a aussi cette phrase dans la déclaration d'annonce de Zuckerberg: «Nous pensons que toutes les vies ont une valeur égale.»

Il sera difficile pour Zuckerberg d'imiter le succès et l'omniprésence de la fondation Bill & Melinda Gates. Une des raisons est que le timing est différent. Gates a lancé la fondation en 2000 quand il avait 45 ans et venait de démissionner du poste de PDG de Microsoft. Il a continué à travailler pour Microsoft jusqu'en 2006, mais s'est ensuite entièrement dédié à la fondation. À l'inverse, Zuckerberg a 31 ans, et il serait étonnant qu'il soit prêt à bientôt quitter Facebook. Alors que Gates a choisi la philanthropie comme nouvelle phase de sa vie après trente ans à Microsoft, Zuckerberg est à la tête d'une entreprise en plein essor et vient d'avoir une fille.

Une efficacité à revoir

Zuckerberg est fier d'être associé à Gates. Ils ont posé ensemble pour la une du magazine Wired en 2010, et Zuck a posté une de ces photos sur Facebook dimanche dernier pour annoncer qu'il rejoignait la coalition Breakthrough Energy, une initiative de la fondation Gates pour le développement de nouvelles technologies des énergies renouvelables.

Ceci dit, il n'est pas certain que Zuckerberg soit un philanthrope efficace. Sa donation de 100 millions de dollars pour les écoles publiques de Newark dans le New Jersey en 2010 n'a pas produit les effets escomptés. Internet.org, son initiative visant à offrir de l'internet à bas coût dans les marché émergents, a été fortement critiquée par les défenseurs de la neutralité du net. Et Fwd.us, le groupe de lobbying (spécialisé dans les questions d'immigration) qu'il a fondé avec Bill Gates et d'autres, est en difficulté depuis le départ de Joe Green, un des colocataires de Zuckerberg à Harvard.

Deux perfectionnistes

Ces premiers échecs pourraient certes déboucher sur de plus grandes réussites, et Zuckerberg et Gates ont de nombreux points communs. Tous deux ont commencé à Harvard avant de fonder des entreprises de technologie qui ont défini leurs générations respectives. Tous deux sont des programmeurs informatiques devenus leaders. Ils sont tous les deux des perfectionnistes accros au travail, et la fondation Bill & Melinda Gates n'est pas à l'abri des controverses.

Zuckerberg pourrait un jour quitter Facebook et se concentrer sur la fondation qu'il a créée, ou il pourrait s'intéresser à de nouveaux projets dans le secteur de la technologie et d'internet. Quoi qu'il arrive, il faut plus que des milliards pour devenir le prochain Bill Gates.

Lily Hay Newman
Lily Hay Newman (47 articles)
Journaliste
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