Monde

Les républicains contre les réfugiés musulmans car ils «pourraient se radicaliser» face à l'hostilité des Américains

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 03.12.2015 à 3 h 18

Repéré sur Gawker

C'est la nouvelle argumentation développée notamment par Ben Carson.

Ben Carson, le 21 novembre 2015 I REUTERS/Chris Keane

Ben Carson, le 21 novembre 2015 I REUTERS/Chris Keane

Depuis les attentats du 13 novembre, les candidats aux primaires républicaines n'ont cessé de donner des raisons pour lesquelles il ne faut pas accepter les réfugiés syriens aux États-Unis: le processus de sélection n'est pas assez sécurisé, il faut surtout aider les réfugiés chrétiens, qui sont moins dangereux, et plutôt tenter d'aider les réfugiés à s'installer dans des zones protégées en Syrie ou encore financer l'amélioration des camps de réfugiés. 

Cette semaine, le candidat Ben Carson a trouvé une autre raison de ne pas les accepter dans le pays: les Américains leur seront hostiles, et cette intolérance contribuera à la radicalisation des Syriens.

Interviewé par la radio conservatrice Breitbart, le chirurgien à la retraite a expliqué:

«Vous amenez beaucoup de gens d'une autre culture, et ils auront tendance à rester ensemble, c'est naturel, et ça fait qu'ils auront plus tendance à se radicaliser. Particulièrement si vous les amenez dans un environnement où de nombreuses personnes sont pleines de ressentiment à leur égard. Cela va créer des incidents qui augmenteront encore le risque de radicalisation.»

Une argumentation parodique

Ce qui est intéressant dans cette explication, c'est que les discours anti-réfugiés des candidats républicains, surtout ceux de Carson et Donald Trump, attisent justement ce ressentiment qui est vu comme un obstacle à l'intégration des réfugiés.

Comme le note le site Gawker, la déclaration de Carson ressemble beaucoup à un article du Gorafi américain, le site parodique The Onion, qui avait ainsi titré un papier du 17 novembre:

«Le parti républicain prévient que les réfugiés seront poussés au terrorisme par la façon dont l'Amérique va les traiter.»

Ben Carson en forte baisse

Dans ce faux article humoristique qui se moque de la position républicaine, on pouvait aussi lire cette citation, qui fait écho à la pensée de Carson:

«Nous ne pouvons absolument pas accueillir ces Syriens car l'attitude haineuse et intolérante des Américains menace de pousser les réfugiés vers la radicalisation et l'engagement dans des groupes extrémistes militants.»

Ben Carson, qui vient de se rendre en Jordanie où il a visité un camp de réfugiés qu'il a trouvé «très bien», a récemment perdu sept points dans les sondages (il est crédité de 16% des intentions de vote), mais le fait que son discours se calque sur celui d'un site parodique n'est pas une bonne nouvelle pour le parti républicain. Comme la campagne de Donald Trump, celle de Carson ressemble de plus en plus à une caricature.

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