Tinder et les autres sites de rencontre ont-ils des effets sur notre cerveau?

«Je t'ai vu sur Tinder» | Denis Bocquet via Flickr CC License by

«Je t'ai vu sur Tinder» | Denis Bocquet via Flickr CC License by

Saviez-vous qu'Henri VIII était un des premiers utilisateurs de Tinder? Enfin, en quelque sorte...

Sally a 30 ans. On peut donc considérer qu’elle n’a pas été appelée ainsi à partir du film Quand Harry rencontre Sally, une comédie romantique sortie en 1989 qui raconte l’histoire de deux personnes qui se croisent, deviennent amis dix ans après, couchent ensemble, se brouillent et se rabibochent. En plus, la Sally «réelle» que présente la BBC est, elle, légèrement différente.

Elle a rejoint Tinder depuis deux ans, l’application téléphonique qui permet de faire des rencontres. On ne présente plus le principe: vous avez un profil devant vous, vous l’envoyez à droite avec votre pouce si vous l’aimez, vous l’envoyez à gauche s’il ne vous plaît pas (et vous ne le revoyez jamais). Lorsque deux profils se «matchent», la discussion peut commencer. On est loin des engueulades qui marquent le début de la longue relation entre Sally et Harry.

Relations «brutales»

Le premier homme que Sally (la vraie) rencontra sur Tinder était «prometteur», selon ses dires. Bonne entente: les deux complices s’envoyaient de nombreux messages. Jusqu’à ce que l’homme rompe tout contact. «Parce que cet homme n’avait aucune connexion avec moi, il pouvait se permettre d’être brutal», explique-t-elle. 

Tinder fait-il de nous, pauvres hères de ce monde, des personnes «brutales» en amour, ne se préoccupant pas des sentiments des autres? Plus grave encore, l’être humain, après des milliers d’années d’évolution, est-il équipé pour faire face aux larges choix d’application de rencontre et à une relation anonyme, se demande la BBC?

Après tout, les relations changent les gens. La BBC mentionne une étude menée par l’Université de Pise en 1999 qui a montré que les niveaux de sérotonine (qui joue un rôle important dans les changements d’état émotionnel) d’une personne au début d’une phase romantique étaient comparables à ceux d’une personne ayant des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Le site de la radio britannique rappelle aussi que, en 2007, des scientifiques de l’Université de Bâle avaient découvert que ces premières phases romantiques étaient comparables à de l’hypomanie, un état où les inhibitions et l’envie de dormir sont faibles et où l’on déborde d’énergie.

Phobie de l’engagement

Tinder, par l’attente d’une réaction de l’autre après avoir «matché», peut procurer par exemple un shot de dopamine dans votre cerveau, selon le docteur Reynolds, qui s’exprimait sur la chaîne de télévision néozélandaise 3News. Cependant, le fait d’enquiller les relations peut-il développer une phobie pour s’engager chez quelqu’un? Pour Lucy Brown, professeur à l’Einstein College of Medicine de New York, ceux qui se retirent d’une relation après une période romantique intensive sont plutôt comme ça de nature. Mais, selon Brown, c’est un trait qui va s’amplifier avec la drague en ligne.

Et de rappeler que tout cela ne date pas d’hier. Après tout, le roi anglais Henri VIII ne s’est-il pas marié avec Anne de Clèves sur la base d’un portrait? Ce qui en fait, en quelque sorte, l’un des premiers utilisateurs du concept de Tinder (l’histoire ne dit pas s’il a lancé le tableau à droite néanmoins). Même si le mariage dura moins d’un an...

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