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Une idée contre les trolls racistes: mettre leurs commentaires sur des panneaux géants

Capture d'écran d’une vidéo de l'ONG Criola via YouTube.

Capture d'écran d’une vidéo de l'ONG Criola via YouTube.

Une ONG a décidé de lancer une campagne de prévention avec le slogan «Racisme virtuel, conséquences réelles».

Au Brésil, si vous écrivez des messages racistes sur Twitter ou Facebook, vos commentaires pourraient se retrouver sur un panneau géant dans une rue à côté de chez vous. Afin de contenir le flot de haine sur les réseaux sociaux, l’association afro-brésilienne Criola a lancé une campagne intitulée «Racisme virtuel, conséquences réelles», rapporte la BBC.

Depuis cet été, les militantes de Criola sélectionnent des commentaires racistes sur Twitter et Facebook et utilisent des outils de géolocalisation pour déterminer où se trouvent leurs auteurs. Elles achètent ensuite un espace publicitaire sur des panneaux des environs, et y publient les commentaires en grosses lettres, tout en pixellisant les noms et les photos des trolls.

Jusqu’ici, l’association a acheté des panneaux dans quatre villes différentes, dont Porto Alegre et Feira de Santana. L’idée est de faire honte aux auteurs de commentaires racistes, en espérant qu’il seront horrifiés lorsqu’ils reconnaîtront leurs mots diffusés en grand à côté de chez eux. 

La campagne a été mise sur pied en réaction à un déferlement d’insultes racistes sur Facebook contre Maria Julia Coutinho, première présentatrice météo noire. Comme le précise la BBC, il existe des lois contre les injures racistes, mais Jurema Werneck, la fondatrice de Criola, estime que trop peu de gens encore les craignent et diffusent donc sans crainte ce genre de propos:

«Ces gens pensent qu’ils peuvent être tranquilles chez eux et écrire n’importe quoi sur internet. Nous ne les laisserons pas faire. Ils ne peuvent pas nous échapper, nous les retrouverons.»

«Racisme cordial»

En 2012, Le Monde consacrait un large article à ces problèmes de racisme entre populations blanches, noires et métisses«L’inégalité raciale est flagrante à tous les niveaux, à commencer par la répartition des richesses, écrivait le quotidien. Deux tiers des pauvres sont noirs ou métis. À qualification égale, les noirs gagnent en moyenne deux fois moins que les blancs. Une femme noire ne perçoit environ qu’un quart du salaire d’un homme blanc.»

Aujourd’hui, le constat n’a pas vraiment changé. On parle également de «racisme cordial», une expression popularisée par une journaliste brésilienne pour décrire un racisme «poli sans violence directe mais ancré dans les mentalités», comme l’expliquait Rue89 en mai 2015. Le site rappelait ainsi la polémique autour de «blagues» racistes publiées sur Snapchat par plusieurs gymnastes de l’équipe olympique. «Ces plaisanteries, dès l’enfance, entérinent un sentiment d’infériorité chez les noirs et génèrent cette perception de supériorité des Blancs, expliquait à Rue89 Gabriel Rocham, historien à l’université de Sao Paulo. Ces blagues, monnaie courante pour les populations noires brésiliennes, ont des conséquences psychologiques nuisibles pour beaucoup d’entre eux.»

 Jusqu’ici, Jurema Werneck rapporte que, sur les réseaux sociaux, la plupart des réactions à la campagne «Racisme virtuel, conséquences réelles» sont positives, comme celle-ci: 

«Faites attention à vos commentaires, vous pourriez être le prochain à avoir vos phrases postées sur un panneau.»

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