Sciences

Des vers Frankenstein se font pousser des têtes d’autres espèces de vers

Temps de lecture : 2 min

Une étrange expérience scientifique a servi à montrer que la génétique n’est pas la seule variable responsable de notre développement.

Pseudobiceros hancockanus | Jnpet via Wikimédias CC License by
Pseudobiceros hancockanus | Jnpet via Wikimédias CC License by

Tout d’abord, il faut imaginer un ver plat, cette famille dont la plupart des membres sont des parasites à l’aspect, disons-le clairement, assez étrange mais qui bénéficient d’un don très particulier: la capacité de régénérer des membres amputés.

Un pseudoceros bifurcus (via Wikimédia)

Imaginez ensuite qu’on leur coupe la tête et qu’on décide d’implanter à la place celle d’une autre espèce de ver plat. L’expérience peut paraître saugrenue, et rappeler à une plus petite échelle le monstre de Frankenstein, mais il s'agit d'un test auquel se sont livrés plusieurs scientifiques de l’université de Tufts dans le Massachussetts aux États-Unis. Ils ont «créé des vers avec des têtes et des cerveaux d’autres espèces juste en manipulant la communication entre les cellules», explique le site Live Science, qui relaie leurs travaux.

Le but de ces travaux n’était pas d’assouvir un éventuel besoin de jouer à Dieu, mais bien de comprendre les facteurs influençant le développement d’un organisme. Et ils ont réussi à montrer que tout ne repose pas sur la génétique. «Les chercheurs n’ont altéré l’ADN des vers plats en aucune façon, mais ils ont manipulé à la place les protéines qui contrôlent les communication entre les cellules». Par le biais de jonctions communicantes, ils ont pu imposer une autre tête et un autre cerveau aux vers testés.

Les gènes, un simple plan de travail

Dans un communiqué publié avec les résultats de l’étude, le scientifique Michael Levin explique l’importance des protéines:

«C’est communément acquis que les séquences et la structure de la chromatine, le matériel qui fabrique les chromosomes, détermine la forme d’un organisme, mais ces résultats montre que la fonction des réseaux physiologiques peuvent outrepasser les spécificités par défaut de l’anatomie des espèces.»

Pour mieux comprendre le principe de la construction de l’organisme, il a proposé une métaphopre très simple: «Si les gènes fournissent le plan de travail pour le corps d’un organisme, les cellules sont comme les ouvriers nécessaires à la transformation du plan en structure, et les jonctions communicantes sont les talkies walkies que les ouvriers utilisent pour communiquer. Perturbez la communication et vous perturbez le processus de construction.»

Désormais, les auteurs de l’étude espèrent apporter de nouveau éléments dans la recherche de traitements pour les maladies congénitales ou la médecine régénérative, dont le but est de reconstituer ou de remplacer des tissus endommagés.

Et si l’état de santé des vers plats vous inquiète, rassurez-vous, ils ont retrouvé leur tête d'origine au bout de quelques semaines à peine.

Slate.fr

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