Monde

Aux Etats-Unis, il existe des entraînements pour se préparer aux fusillades

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 28.11.2015 à 11 h 11

Repéré sur The Toast, Gun Violence Archive

Dans ce pays ou des fusillades éclatent tous les jours, on se prépare en cas d’assaut dans des bâtiments publics comme les universités.

Photo de l'homme suspecté d'être responsable de la mort de trois personnes dans un centre du planning familial dans le Colorado aux Etats-Unis, le 27 novembre 2015. REUTERS / Rick Wilking

Photo de l'homme suspecté d'être responsable de la mort de trois personnes dans un centre du planning familial dans le Colorado aux Etats-Unis, le 27 novembre 2015. REUTERS / Rick Wilking

Pas plus tard que le 27 novembre, une fusillade a éclaté près d’un centre de planning familial dans le Colorado aux Etats-Unis. Deux civils et un policier ont été tués après qu’un homme a fait irruption avec fusil dans ce centre avant de faire feu sur la police pendant plusieurs heures. Cet tragédie vient s’ajouter à la longue liste: depuis le 1er janvier 2015, le site Gun Violence Archive a recensé 306 fusillades de masses sur plus de 47.000 incidents liées à des armes. En tout, 11.996 personnes ont perdu la vie depuis le début de l’année aux Etats-Unis. 

C’est pour cela que des séances de prévention et d’entraînement sont mises en place, pour aider les gens à réagir en cas d’irruption d’un tireur dans un lieu public. Ander Morgan, employé d’un immeuble dans une ville universitaire, a raconté au site The Toast, l’une de ces formations, menée par plusieurs policiers. «La première heure a consisté en une présentation PowerPoint évoquant les "grosses" fusillades dans des établissements scolaires, raconte Morgan: Columbine. Virginia Tech. Sandy Hook. Et maintenant Umpqua Community College.»

La formation ne comprenait pas de segment sur la façon d’identifier de potentiels tireurs. «Peut-être que j’attendais entendre "Repérer les gens qui se baladent avec plusieurs sacs de sport" ou "Des vêtements qui pourraient cacher des armes et des munitions" ou même "La majorité de ces tireurs sont des jeunes hommes blancs robustes".» Un des policiers a également fait l’erreur d’assimiler ces tueurs aux personnes souffrant de maladie mentale, un raccourci malvenu et inexacte.

La question n'est pas «Et si?» mais «Quand?»

La seconde heure concernait les tactiques pour échapper au tireur. L’auteur de l’article a ainsi appris que l’on oublie trop souvent les sorties de secours, que les gens associent uniquement à des situations d’incendies. Pour les policiers, tous les moyens sont bons. Et si vous ne pouvez pas vous échapper, barricadez-vous dans une salle, fermez les portes si possible. «Le tireur moyen veut faire le plus de victimes possible avec le moins de résistance possible, écrit Ander Morgan, donc si quelques coups de pieds dans la porte sont inefficaces, il aura tendance à s’en aller. Ce qui, quand vous y pensez, revient à dire "Faites en sorte que le tireur vous ignore et aille tuer quelqu’un d’autre".» Il est aussi conseillé d’improviser d’éventuelles armes qui pourraient distraire l’assaillant. 

Enfin, lors de la dernière demi-heure, les participants ont simulé une attaque, avec un officier qui tirait des balles à blanc et criait «Je vous tuerai tous!» en frappant sur les portes. Résultats, certaines personnes se sont barricadées ensemble ou se sont cachées, et d’autres ont décidé de fuir sans se soucier des autres. 

À la fin de cette formation assez spéciale, leur a lancé: «N’oubliez pas, ce n’est pas une question de savoir si cela va arriver, mais quand cela va arriver. Et si ce n’est pas ici, ce sera peut-être en allant au restaurant, en allant voir votre grand-mère à l’hôpital, ou en allant chercher vos enfants à l’école.»

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