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- Par Eric Le Boucher
- Eric Le Boucher est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste, chef de service, chroniqueur économique au journal Le Monde, il est depuis 2008 directeur de la rédaction d'Enjeux-Les Echos. Il est l'auteur d'«Economiquement incorrect».
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Eric Le Boucher
Eric Le Boucher est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste, chef de service, chroniqueur économique au journal Le Monde, il est depuis 2008 directeur de la rédaction d'Enjeux-Les Echos. Il est l'auteur d'«Economiquement incorrect».
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Didier Lombard doit rester
Les 24 suicides de France Telecom renvoient à la plus méconnue des grandes crises de l'époque: celle du travail.
Slate est un lieu de débats ouverts. Sur France Telecom, mon ami Gilles Bridier a écrit ici une analyse avec laquelle je ne suis pas d'accord. J'y réponds. Car les 24 suicides de France Telecom renvoient aussi et surtout à la plus méconnue des grandes crises de l'époque: celle du travail.
On avait pu penser que le passage à l'ère des services mettrait fin au pénible travail industriel à la chaîne, il n'en est rien. Un petite partie de la population active trouve dans les grandes entreprises une vie intéressante, plaisante, exaltante et bien payée. Une majorité doit, dans un contexte permanent de réduction des coûts, remplir des taches très normées, industrialisées. Le sentiment d'être devenu un rouage, remplaçable, voire «de trop», se répand jusque chez les cadres. Toute cette pression est conjuguée avec un système de rémunération «au mérite» qui a cassé les ascenseurs internes d'augmentation et de promotion automatique avec l'âge.
France Telecom vit cette crise au cube car elle connaît en sus trois chocs violents. D'abord la «convergence» des télécommunications et de l'informatique qui fait passer du téléphone fixe au mobile, puis à l'Internet, puis au multimédia et transforme radicalement tous les métiers de l'entreprise. Les «agents», fonctionnaires embauchés comme poseurs de lignes de cuivre ou «demoiselles du téléphone» des années 1970, fiers d'apporter le confort du téléphone aux «abonnés», conscients de moderniser la France des services publics, deviennent commerciaux dans des centres d'appels, obligés de répondre toute la journée à des clients qui râlent au bout de la ligne. Tous ont du mal, quelques uns ne peuvent pas.
Ensuite, France Telecom est privatisée début 1997 pour faire face à l'arrivée de la concurrence; une sortie du domaine public qui est aujourd'hui encore contestée au sein de l'entreprise et au dehors. Enfin, troisième choc, la quasi-faillite sous le poids d'une dette trop lourde au moment de la vente par l'Etat des licences GSM à des prix ahurissants, surgonflés par la bulle Internet. Pour se sortir du gouffre, Thierry Breton va mettre le groupe «sous tension» et embaucher des «coupeurs de coûts». Didier Lombard est numéro deux, il est chargé de définir la stratégie. Début 2005, il remplace Thierry Breton quand celui-ci est appelé à Bercy comme Ministre des finances.
Ingénieur, doté d'une foi inébranlable dans l'avenir et dans les hommes, mais aveugle sur leur irrationalité, il fait le pari que chacun pourra suivre la marche forcée. Il choisit «d'emmener tout le monde» dans sa course. La difficulté est double: changer les métiers, provoquer des «mobilités» d'une part, mais aussi, d'autre part, trouver de quoi occuper les (gros) effectifs surnuméraires. Didier Lombard affirme aujourd'hui encore ne pas regretter sa décision. Elle éclaire qui il est: fonctionnaire comme ses camarades, il reste attaché au «service du pays» et à l'idée qu'on ne licencie pas.
Son côté d'excellent stratège se confirme. Il a une «vision» du secteur comme bien peu d'autres en France. C'est lui qui pousse à «remplir les tuyaux» puisque la valeur ajoutée sur les réseaux est captée par les Google ou Facebook, c'est lui, personnellement, qui négocie avec Steve Jobs, le patron et fondateur d'Apple, une exclusivité des ventes d'iPhone en France, un coup de génie commercial. Aujourd'hui, tout le monde sait que la réduction des coût ne dessine pas un avenir et qu'il faut aussi et avant tout une stratégie et une ambition. Didier Lombard a apporté cela et replacé France Telecom parmi les grands. Sa mission n'est pas achevée: l'homme expose volontiers et avec gourmandise ses projets.
Mais le bon stratège est un non-gestionnaire social qui laisse faire. Le résultat est celui que l'on sait, la fibre «sociale» du groupe est jugée «hypocrite» par des salariés essoufflés et découragés (lire «Orange stressé», Ivan du Roy, La découverte). Et sur le fond, on s'interroge : pour faire fondre les effectifs, plutôt que de décourager les uns après les autres, ne fallait-il pas en passer par un vaste «plan social», des départs négociés avec les syndicats avec un reclassement dans la fonction publique? C'eut été plus clair et probablement moins douloureux, in fine, pour les salariés les plus fragiles. Telle est la première erreur de Didier Lombard. Le meilleur social est parfois le plus dur en apparence. Il reste qu'il serait paradoxal et injuste qu'il soit puni, au fond, pour avoir voulu être «social».
La seconde erreur s'ajoute: il a laissé faire les coupeurs de coûts et notamment Louis-Pierre Wenès, vers lequel portent toutes les critiques. Embauché par Thierry Breton pour réduire les factures des achats et promu à la tête de France Telecom France en 2006, Louis-Pierre Wenès fait son job, il économise. Mais ses méthodes font l'unanimité contre lui. Ses détracteurs ne sont pas avares d'anecdotes sur «les humiliations» qu'il fait subir aux hauts cadres (notamment régionaux) et sur les «pressions» constantes qu'il exerce du haut en bas pour supprimer des effectifs.
Le tort de Didier Lombard est de n'avoir pas écouté ceux qui l'avertissaient et démissionnaient avec fracas (Didier Quillot, Jean-Noël Tronc...) et rien vu de ce que le management des troupes était devenu, souvent, un harcèlement moral.
Faut-il le faire partir comme le demandent la gauche et les syndicats? Son départ peut donner l'impression que les 24 morts sont payés en retour, que «leur geste aura servi à changer les choses». Mais, c'est fait. France Telecom a mis fin provisoirement au système de mobilité qui impose aux salariés de bouger tous les trois ans, des discussions sont ouvertes avec les syndicats pour définir «un nouveau contrat social». Didier Lombard s'apprête à lancer «un grand projet» qui retourne les salariés vers l'avenir.
Au delà de cette transformation managériale, France Telecom peut-elle se passer de son stratège ? Ma réponse est «pas encore». Le remplacement par Stéphane Richard est programmé pour 2011, il faut ce temps pour passer le témoin et mettre en place les pierres du futur édifice capable de résister au quatrième choc: le multimédia qui va, une nouvelle fois, transformer nos modes d'information, de connaissances, de communication et d'éducation et secouer les entreprises du secteur.
Eric Le Boucher
Lire également: Didier Lombard en panne de social, La France malade du dialogue social et Suicides liés au travail: la pression des «évaluations» en question.
Image de Une: Didier Lombard Charles Platiau / Reuters
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Comments
Peut-être mais....
Un patron est comptable devant ses actionnaires mais peut-être aussi quand même devant ses employés des erreurs de ses collaborateurs directs.
A vouloir triturer la fibre humaine pour la tordre au moule de l’hyperproductivité commerciale dans un contexte de concurrence exacerbée, à vouloir faire d’anciens agents des télécommunications des concurrents de jeunes BTS commerciaux aux dents longues, on casse définitivement des hommes et femmes qui avaient choisis la fonction publique souvent parce qu’ils ne supportaient pas l’idée d’une exposition aux dures lois du marché. Les entreprises de services, notamment dans le domaine qu’on appelle depuis trop longtemps celui des "Nouvelles technologies", ne peuvent certes survivre avec des sureffectifs pléthoriques mais encore moins avec des collaborateurs démotivés, robotisés, surveillés par des gestapistes internes ou externes.
Rien ne sert d’avoir une vision sans rapport avec les forces humaines dont on dispose, pire c’est un aveuglement et France Télécom ne peut se permettre d’être dirigée par un aveugle !
Slate étant un lieu de débat,
Slate étant un lieu de débat, je réponds à mon ami Eric Le Boucher qui a eu la gentillesse de réagir à un article sur Didier Lombard. Eric Le Boucher insiste sur les qualités de stratège du patron de France télécom, qui sont déjà soulignées dans l’article que j’ai signé. Nous n’y reviendrons donc pas.
En revanche, il souligne : « Ingénieur, doté d'une foi inébranlable dans l'avenir et dans les hommes, mais aveugle sur leur irrationalité, il fait le pari que chacun pourra suivre la marche forcée », et un peu plus loin : « Mais le bon stratège est un non-gestionnaire social qui laisse faire », et encore « il a laissé faire les coupeurs de coûts » ou bien «Le tort de Didier Lombard est de n'avoir pas écouté ceux qui l'avertissaient et démissionnaient avec fracas ».
Je constate avec satisfaction qu’Eric Le Boucher et moi-même faisons la même analyse, puisque dans l’article que j’ai signé, je souligne notamment qu’il incombe à un patron « d'organiser la gouvernance, d'insuffler un mode de management, de mettre en place les systèmes de retour d'informations, et de prendre le pouls du terrain. C'est là que, implicitement, Didier Lombard reconnaît avoir failli. » Problème de gouvernance, donc. Et si je démontre que toute la carrière de Didier Lombard a été consacrée à l’établissement de stratégies dans les hautes technologies, je constate qu’être propulsé patron d’une entreprise à 63 ans sans avoir jamais auparavant assumé ce genre de fonction n’est pas la meilleure façon d’appréhender tous les problèmes inhérents à la fonction – ceux là même, entre autres, que souligne Eric Le Boucher.
Les analyses se rejoignant, le désaccord d’Eric Le Boucher vient ensuite soit d’une lecture un peu rapide du premier article, soit d’une appréciation plus personnelle de la situation, comme lorsqu’il affirme qu’il n’est « pas encore » temps pour Stéphane Richard de prendre les commandes de France Télécom. En tant que journaliste et non chroniqueur, j’ai limité ma contribution sur ce point à relever qu’il existe un successeur désigné pour la présidence de France Télécom dont l’arrivée pourrait être anticipée au cas où Didier Lombard avancerait la date son départ (en 2011). L’histoire dira quand le passage de témoin se déroulera.
Gilles Bridier
La Démission-Prozac ?
On peut toujours argumenter en faveur de la très grande qualité de ce patron, mais j'ai comme l'idée (eu égard aux sifflements de colères des salariés lors de sa visite dans un établissement) que son départ aurait comme effet miraculeux de mettre un terme (du moins provisoire) aux suicides actuels. Enfin bon... c'est vrai que c'est un a-priori, mais dans une situation aussi dramatique, des mesures d'urgences s'imposent ! Certes, la démission n'est qu'une hypothèse de solution, mais peut-on s'offrir le luxe d'y renoncer pour tenter de mettre un frein à une telle héca..."tombe" ? Il ne faut donc pas s'étonner à ce que son maintien dans l'entreprise soit perçu comme une provocation supplémentaire.
Question à tous les lecteurs et journalistes
Bonjour, je me suis posé une question bête et je suis allé chercher sur internet pour trouver la réponse:
Le taux de suicides chez FT est il supérieur à celui de la population française en général? Voici ce que j'ai trouvé:
Le taux de suicide dans la population française est de 16.2 / 100 000 habitants et par an
Le personnel de FT est de 106 000 personnes en France
Il y a eu 24 suicides en 18 mois, soit 16 en 12 mois.
Quelqu'un peut il me dire si je me suis trompé car je suis pour le moins déstabilisé par mon calcul....
Merci
Inthesky
Mr Le Boucher
Vous donnez l’impression à vous lire et notamment dans votre conclusion, que certaines personne sont irremplaçables…C’est pourtant bien ce système qui à été mis en place à France télécom : faire des agents des pions ou des objets transformables, manipulables et remplaçables à tout instant ! Pourquoi devrait-il en être autrement avec son (ses) dirigeant (s) ?
Ce qui est gênant dans votre article, c’est que vous donniez à penser que Didier Lombard à eu (indirectement ou pas) une véritable préoccupation sociale qui pourrait se résumer : « Conserver à tout pris les emplois, quitte pour cela, à faire de ses agents, des chiens ».
Oui, je sais ! J’exagère.., mais alors à peine, car comme vous le précisez « Le tort de Didier Lombard est de n'avoir pas écouté ceux qui l'avertissaient et démissionnaient avec fracas (Didier Quillot, Jean-Noël Tronc...) et rien vu de ce que le management des troupes était devenu, souvent, un harcèlement moral. ».
A-t-il rien vu, ou n’a t’il rien voulu voir ? En tout cas sa responsabilité est engagée et à ce titre il prend une part de responsabilités dont il reviendra à la justice dans le cas ou les familles engagent des poursuites contre France télécom d’en définir si elle est partielle ou entière.
.
Vous posez ensuite deux questions, la première demandant s’il doit partir, et la deuxième, si France télécom peut se passer de lui et de sa vision stratégique.
Doit-il partir ?
D’abord, l’entreprise ne lui appartient pas, ensuite ce n’est pas parce qu’il partirait que « les 24 morts seront payés en retour » (être capable de penser comme cela, est faire fi de la valeur humaine, non ?).De même je trouve un peu rapide votre affirmation qui consiste à dire que les choses ont changées, car rien n’est fait mais tout reste à faire !
Quand Didier Lombard parle de » phénomène de mode » après le suicide (que ?) de 23 de ses employés, on se rend bien compte d’une déconnection de la gouvernance avec les salariés de l’entreprise. En l’écoutant on se demandait s’il dirigeait des humains ou si ce n’était que « des choses » informes tel des robots ou des objets dénués de toute intelligence, de toute vie.
Oui ! Il doit partir, car même en admettant que « les choses » aient changées à France télécom (en une semaine, c’est vraiment du rapide !), il n’est pas certain du tout que « l’état d’esprit » de Didier Lombart, lui, ait changé.
.
France télécom peut elle se passer de lui et de sa vision stratégique ?
Est il tellement unique que personne au monde ne lui arrive à la cheville ? Le moment semble en tout cas propice à la prospection pour les chasseurs de tête. Ils ne leur reste plus qu’à en trouver un meilleur que lui avec plus d’expérience dans la gouvernance et le « social » d’une grande entreprise…Oups, j’oubliais ! C’est le gouvernement qui les nomme.
Bonne journée
Jen
lombard
Cela suffirait-il vraiment s'il partait?
Oui il doit rester
Oui, M. Lomnbard doit rester à son poste.
Mais sûrement pas pour les raisons invoquées par M. Le Boucher.
Il doit rester pour ASSUMER ses fautes (dont celle de la "mode").
Ce serait trop facile qu'il soit remercié pour aller se refaire une "virginité" dans un autre poste doré.
Et puisqu'on nous bassine avec le "salaire au mérite", il faut laisser M. Lombard à la tête de FT mais lui diminuer fortement ses émoluements !
jf.
www.lamauragne.blog.lemonde.fr
Jacques
www.lamauragne.over-blog.com
Reduction
Circonscrire le débat à la question de savoir si M Lombard doit partir ou rester est coupablement réducteur. En effet il ne s'agit pas d'un problème de marketing, de finances ou de technologie mais de ressources humaines.
Qui plus que le PDG d'un groupe peut être le plus responsable des hommes ?
Faillir dans ce domaine est peu condamné par les actionnaires qui pensent davantage à leurs profits ou aux parts de marché, mais très rarement un groupe est confronté à une telle "épidémie" de suicides. Si un PDG n'assume pas sa responsabilité personnelle face à cette situation quand le fera-t-il? Jamais!
Point 1 - M Lombard devrait partir de lui même (il a l'âge de la retraite)
Point 2 - Le Conseil d'administration (donc l'Etat) devrait "l'encourager" ou le virer au lieu de lui renouveler sa totale confiance (un vrai scandale)
Point 3 - M Lombard n'est en aucun cas indispensable Il y aura pléthore de candidats à sa succession, tous aussi compétents.
Point 4 - M Lombard n'est pas un visionnaire : l'accord avec Apple est tout sauf un coup de génie ; c'était la politique d'Apple et FT est leader historique en France. Et tous les groupes leaders dans le monde suivent la même stratégie
Point 5 - Il est difficile de croire qu'une Direction Générale ait pu accepter l'idée que d'anciens fonctionnaires (de la DGT?) puissent se reconvertir en vendeur au téléphonique. C'est parfaitement impossible et tous les cabinets de conseils qui facturent des centaines de millions d'euros à FT peuvent le démontrer. Mais l'ont-ils faits, assoiffés par le chiffre d'affaires potentiel? Plus c'est la pagaille plus ils facturent!
Point 6 - Si il y a des victimes non consentantes c'est bien l'ensemble du personnel (au delà des malheureux qui n'ont pas pu résister) ; il est urgent de mettre à FT en place un plan orienté maîtrise du changement au niveau des hommes, et un plan social bien articulé pour des personnes qui ne peuvent pas assumer de tels changements est bien plus humain que la mise au placard, le harcèlement permanent et le mépris affiché.
Point 7 - Il faut certainement continuer à réduire les coûts et donc adapter les effectifs mais il n'y a pas que cet élément à gérer : les efforts que déploie FT pour créer le maximum de problèmes à ses concurrents seraient mieux orientés à s'occuper du service Client qui est loin d'être satisfaisant (par exemple si vous avez un souci de facturation avec votre iPhone, vous devez discuter avec le service Comptabilité et lorsque la discussion est devenue vraiment désagréable un commercial reprend la main.
Une société ne peut être leader longtemps quand elle ne respecte pas un minimum de valeurs.
Une gestion humaine des problèmes en est une des plus importantes
chipss
Epidémie?
Encore une fois, faut il parler d'épidémie? Je ne cherche pas à nier les possibles désastreuses dérives managériales de FT, encore moins la nullissime communication du PDG, mais, si on reprend mon post ci-dessus, l'incidence du suicide chez FT semble être la même que dans la population générale. Pourquoi donc parler d'épidémie, de vague, de mode, etc...
Inthesky
...
Il faut tenir compte que le chiffre que vous évoquez est une moyenne. Les populations qui se suicident le plus sont les jeunes de moins de 19 ans et les personnes agées. Elles font monter la moyenne et ne sont pas salariés de France-Telecom...
iconoclaste
Lynchage
Les blancs pauvres des états du sud des EU lynchaient les noirs. Les Français lynchent leurs chefs d'entreprise.
On n'aime pas l'entreprise en France donc voilà déjà une bonne raison déjà pour lyncher les chefs. Qu'importe la raison à condition que le spectacle rassure?
Plusieurs parmi nous ont déjà fait remarquer que le taux de suicides à France Télécom est identique au taux national. Qu'importe? L'essentiel est de souligner que 1/ le travail est par définition inhumain, 2/ les patrons sont tous des salauds et 3/ ceux qui gagnent des salaires conséquents méritent une bonne bastonnade de temps en temps.
Les média, cet article inclus, participent activement aux lynchages. Qu’importe la vérité des chiffres, qu’importe si la déprime est contagieuse et peut en elle-même provoquer d’autres morts ? L’essentiel est de vendre du papier.
Oublions la tragédie que cache chaque suicide. Passons sous silence le fait évident qu’un être déstabilisé peut aussi bien trouver les raisons pour son acte dans sa vie privée que dans sa vie professionnelle.
Je n’ai aucune idée si travailler à France Télécom est agréable ou non. Ou si cette boîte est bien gérée. Vu la qualité du service on dirait que non.
Mais peu importe, lynchons. Un bon lynchage fait tellement de bien !
Peter Wright