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La mafia n'a jamais pu se résoudre à éteindre la voix de Sinatra

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 27.11.2015 à 12 h 32

Repéré sur The New Yorker, The Daily Beast

Une nouvelle biographie explore les relations complexes du chanteur avec la pègre.

Sinatra avec Judy Garland et Dean Martin en 1962 | CBS Television via Wikimedia CC License by

Sinatra avec Judy Garland et Dean Martin en 1962 | CBS Television via Wikimedia CC License by

Alors que 2015 marque le centième anniversaire de la naissance du crooner, le second volume de la biographie que James Kaplan a consacré à Frank Sinatra, Sinatra: The Chairman (qui fait suite à Sinatra: The Voice), explore la part sombre de l’artiste. The New Yorker rappelle qu’on a tout dit ou tout fantasmé sur les liens de Sinatra avec la mafia: sa proximité avec Lucky Luciano ou Willie Moretti par exemple. Impitoyable, Francis Ford Coppola avait planté un Johnny Fontane, très inspiré de Sinatra, servile à l’égard de la pègre, dans Le Parrain.


Vito Corleone (Marlon Brando) face à Johnny Fontane (Al Martino) dans Le Parrain. 

Si le chanteur lui-même n’était pas toujours très moral, capable de tabasser quelqu’un pendant une nuit d’ivresse (Sinatra avait le vin mauvais), de jeter un téléphone sur le crâne d’un businessman à Beverly Hills manquant de peu de le tuer, l’article remarque que l’ouvrage de Kaplan invite à repenser la nature des relations entre Sinatra et les mafieux de son temps. Ainsi, il faudrait davantage voir dans ces liaisons coupables l’expression d’une admiration mutuelle plutôt qu’une inféodation du chanteur au monde des malfrats et du crime organisé. 

Comment faire taire cette voix?

En revanche, Kaplan met en lumière un service que cet univers trouble aurait pu rendre à la grande voix: un homme avec lequel «The Voice» s’était disputé a perdu la vie quelques semaines plus tard dans un accident de la route des plus mystérieux.

The Daily Beast a également lu la biographie de Frank Sinatra, se penchant aussi sur les amitiés entretenues par celui-ci dans le milieu. Le site a débusqué une anecdote qui montre que Sinatra n’a pas toujours été en odeur de sainteté auprès de tous les mafieux. Le criminel Sam Giancana est entré un jour dans une colère noire contre Frank Sinatra... au point de penser à l’assassiner. Mais Sam Giancana s’est alors retrouvé confronté à un dilemme peu commun: comment se résoudre à assassiner un tel artiste? «Jésus, comment je pourrais faire taire cette voix?».

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