Culture

Le mercure rouge que souhaite se procurer Daech n’existe pas

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 26.11.2015 à 13 h 25

Repéré sur The New York Times Magazine, International Business Times

Le mercure rouge, une substance au pouvoir mortifère jamais vu, est l'objet de la convoitise de nombreux terroristes. Mais il s'agit d'une légende sordide vieille de plusieurs décennies.

Ingrédients secs mélangés | F_A via Flickr CC License by

Ingrédients secs mélangés | F_A via Flickr CC License by

Les écrivains de l’Antiquité rêvaient des propriétés médicales du venin du Basilic, serpent légendaire, les alchimistes du Moyen Âge fantasmaient autour de l’existence de la pierre philosophale, aujourd’hui les terroristes, notamment ceux de l’État islamique, bavent d’envie à l’idée de mettre la main sur le mercure rouge, une substance au pouvoir de destruction inédit. Un point commun entre ces différents matériaux: aucun d’entre eux n’existe.

Dans un article, le New York Times Magazine raconte que la première mention de cet élément surgit en Union soviétique en 1979, mais c’est dans les années 1990 qu’il commence à agiter le marché noir et les trafics d’armes de toute la planète. Et on comprend aisément pourquoi: cette poudre «miracle» est censée pouvoir contribuer à la confection de bombes à neutron de très petites tailles aussi dangereuses que des bombes nucléaires, diffuser des nuages toxiques, détraquer les radars, etc.

Garanti avec colorants

Fort heureusement, il semble que personne ne puisse fournir de preuves de la réalité du mercure rouge. Peter Zimmermann, un physicien nucléaire interrogé par le New York Times Magazine, ajoute qu’«aucun type de mercure» ne pourrait assurer de tels effets mortifères. Pourtant, des trafiquants d’armes sont régulièrement arrêtés en possession de ce qu’ils pensent être cette précieuse poudre (Daech est prêt à mettre au moins 4 millions de dollars pour se la procurer). Ce n’est cependant jamais le cas, et la plupart du temps il ne s’agit que de mercure classique coloré en rouge.

Des hypothèses expliquant la genèse de ce mythe circulent. L’une d’entre elles présente la collaboration inattendue des Russes et des Américains dans la propagation de ce mensonge afin de tromper et disperser les efforts des trafiquants d’armes.

L’International Business Times note en tout cas que ce stratagème réussit. À l’orée des années 2000, les services américains faisaient miroiter aux agents d’al-Qaida une vente de mercure rouge pour les obliger à risquer le voyage jusqu’aux États-Unis, où des agents secrets, déguisés en trafiquants d’armes, les cueillaient tranquillement.

Mais, si contre toutes attentes on venait à prouver que le mercure rouge existe bien, il y aurait un moyen pour vérifier l’authenticité de la substance. L’ail est censé repousser le mercure rouge, tandis que l’or agirait sur lui comme un aimant. Ça tombe bien, visiblement certains terroristes veulent jeter le leur par les fenêtres. 

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