Science & santé

La mort d’un rhinocéros blanc devrait nous inquiéter du sort de toutes les espèces animales

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 26.11.2015 à 14 h 12

Repéré sur The Guardian

L’euthanasie de Nola, l'une des dernières femelles rhinocéros blanc du Nord, tire la sonnette d'alarme.

Deux rhinocéros blancs, espèce en voie de disparition | Arno Meintjes via Flickr CC License by

Deux rhinocéros blancs, espèce en voie de disparition | Arno Meintjes via Flickr CC License by

Le 22 novembre, les gardiens du zoo de San Diego ont euthanasié Nola, une femelle rhinocéros blanc de 41 ans atteinte d’une douloureuse infection bactérienne, informe The Guardian.

À elle toute seule, Nola représentait 25% de la population mondiale de son espèce: désormais, il n’existe plus que trois autres rhinocéros blancs du Nord sur Terre, qui ne vont sans doute pas se reproduire. «Nous sommes sur le point de perdre une autre espèce [de rhinocéros] à cause du mensonge selon lequel leur corne soigneraient la gueule de bois», s’alarme The Guardian.

Les rhinocéros blancs ne sont pas les seuls sur la sellette: il y aurait moins de cent rhinocéros de Sumatra et de Java réunis. Quant aux rhinocéros de Bornéo, ils ne sont plus que trois eux aussi.

«Aujourd’hui, sauver le rhinocéros blanc du Nord relève de plus en plus de la science fiction, déplore The Guardian. En utilisant du matériel génétique congelé, le zoo de San Diego projette de créer un hybride du Nord et du Sud. Dans le long terme, il est possible que les scientifiques puissent créer un embryon de rhinocéros blanc du Nord et qu’ils utilisent un rhinocéros blanc du Sud pour le mettre au monde.»

Les rhinocéros blancs parmi tant d’autres

Mais ce qui choque par dessus tout the Guardian, ce n’est pas que l’espèce des rhinocéros blanc soit sur le point de s’éteindre mais le fait que nous passons notre temps à nous focaliser sur certaines espèces, sans se préoccuper de la situation globale:

«Il y a des milliers —peut-être des millions— d’espèces qui empruntent le même chemin destructeur aujourd’hui, mais la vaste majorité d’entre elles ne sont pas aidées, protégées voire remarquées. Beaucoup d’entre elles n’ont pas encore été nommées, alors que leurs forêts s’effondrent ou que leurs coins d’océan s’acidifient. Le rhinocéros blanc n’est que l’une de ces espèces terriennes.»

L’occasion de rappeler que les fonds pour l’environnement et les animaux sont largement délaissés. Aux États-Unis, ils ne représentaient que 3% des dons caritatifs en 2014. En France, ce n’est pas mieux: même si le secteur enregistre une forte progression, à peine plus d’un Français sur dix considéraient la protection de l’environnement et des animaux comme prioritaire en 2014.

Pourtant, ce serait assurer un monde presque aussi sauvage et divers que celui dont nous avons hérité, rappelle the Guardian:

«Après tout, ce qui rend la Terre unique dans le système solaire —et peut-être dans l’univers entier— ce n’est pas juste les rhinocéros blancs du Nord (ou les Homo sapiens) mais toute notre panoplie de vies sauvages. La mort de Nola ne devrait pas juste nous inquiéter du sort des rhinocéros, mais de celui de toutes les espèces petites et grandes, célèbres ou inconnues.»

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