Tech & internet

Il réussit à dissuader un jeune américain de rejoindre Daech

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 25.11.2015 à 9 h 45

Repéré sur Quartz

La lutte contre l'État islamique passe aussi parfois par de simples échanges en ligne pour aider les personnes en cours de radicalisation.

Un homme devant son ordinateur | Tookapic via Pixabay License by

Un homme devant son ordinateur | Tookapic via Pixabay License by

«Oui, Daech n’était qu’un fantasme en 2004, regardez-le maintenant. Les États-Unis l’étaient aussi en 1776, regardez-les maintenant.»

Le début de l’histoire racontée par Quartz n’est malheureusement plus si rare: c’est celle d’un jeune originaire de l’État de Virginie qui se radicalise au fur et à mesure qu’il regarde des vidéos publiées par l'État islamique. Ses pseudos Twitter changent à l’envi, mais tous font référence au Jihad.

Ce soir-là, il parle de partir en Syrie et de créer une milice de l’organisation terroriste sur le sol américain avec Paul Dietrich, un développeur de l’Oregon, particulièrement intéressé par les utilisateurs de Twitter qui soutiennent les jihadistes.

«Washington a vaincu un empire avec 3% de la population [des États-Unis], avance-t-il. Je peux le faire avec 1%.»

«Arrête. Ces. Folies. Pendant. Qu’il. Est. Temps»

Son correspondant lui avait déjà conseillé de consulter un psychologue. Cette nuit-là, il se contente de lui dire qu’il est stupide. S’ensuit un échange indispensable.

«Comment ça, je suis stupide?

-Alors laisse moi résumer: tu es djihadiste, en Amérique, tu veux créer une milice et tu penses que tu vas gagner. Arrête. Ces. Folies. Pendant. Qu’il. Est. Encore. Temps. 

-J’y penserai.»

L’utilisation d’internet par des groupes terroristes n’a rien de nouveau, rappelle Quartz. D’ailleurs, les citoyens n’ont commencé à quitter leur pays pour rejoindre le camp adverse depuis hier non plus.

«Daech se distingue par sa façon d’organiser sa propagande et son recrutement en ligne, note Quartz. En utilisant des technologies du XXIe siècle pour promouvoir une idéologie moyenâgeuse […], l'État islamique a été la première force parmi les groupes islamistes à pouvoir attirer 25.000 étrangers pour combattre en Syrie et en Irak —dont 4.500 venaient d’Europe et d’Amérique du nord, selon un rapport américain publié cette semaine.»

«Ils utilisent les réseaux sociaux comme tout le monde»

Pour faire comprendre la présence de Daech sur les réseaux sociaux, Humera Khan, la directrice exécutive de Muflehun –comprendre «ceux qui réussiront» en Arabe–, un think tank basé à Washington pour lutter contre l’islamisme, fournit une seule explication.

«Quand vous dites que les terroristes utilisent les réseaux sociaux, c’est inquiétant. Mais c’est plus facile à comprendre si l’on part du simple constat que “la jeunesse utilise les réseaux sociaux, explique-t-elle à Quartz. Bien sûr qu’ils utilisent les réseaux sociaux, comme tous les jeunes du monde.»

Malheureusement, les personnes comme Paul Dietrich ne sont pas légion et doivent faire face à un cas mathématique décourageant.

«[Les gens qui tentent de faire revenir à la raison ceux qui se radicalisent] ne sont que quelques dizaines. Ce n’est pas suffisant, déplore Humera Khan. Il suffit de regarder le nombre de supporters de Daech sur les réseaux sociaux […]. En terme de recrutement, l'État islamique est l’un des groupes terroristes les plus bruyants. Leur message est sexy et il y a peu de réponses efficaces. La plupart des réponses du gouvernement ne sont pas interactives. C’est un monologue, pas un dialogue.»

Inverser la tendance implique bien plus que ce que Humera Khan et Paul Dietrich accomplissent. D'après Quartz, il est nécessaire d'identifier les gens les plus enclins à être convaincus par des messages extrémistes, et de trouver des solutions pour communiquer avec eux.

«Mais même si Daech domine encore la lutte virtuelle, il y a de petites victoires de temps en temps», conclut Quartz. Aujourd’hui, le jeune homme de Virginie cherche à se soigner. Il n’a été accusé d’aucun crime, selon le FBI, et pourrait se remettre sur pieds grâce au peu de personnes qui l’ont dissuadé de rejoindre Daech.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte