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Une taxe sur la viande ne serait pas très difficile à faire accepter

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 25.11.2015 à 9 h 06

Repéré sur Chatham House, Quartz, The Guardian

D’après un rapport publié par un think tank anglais, une taxe sur la viande pour lutter contre le changement climatique serait bien moins difficile à faire avaler aux consommateurs que ne le pensent les gouvernements.

Meat lover | Marius Boatca via Flickr CC License by

Meat lover | Marius Boatca via Flickr CC License by

L’élevage et la forte croissance de la consommation de viande contribuent largement au réchauffement climatique: le secteur mondial est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines, d’après la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Un nouveau rapport, mené par le think tank Chatham House au Royaume-Uni, et signalé par Quartz, se penche sur les solutions pour diminuer notre consommation de viande, et suggère entre autres que l’idée d’une taxe sur la viande (un peu comme les taxes sur les sodas pour faire diminuer la consommation de boissons sucrées) n’est pas aussi controversée que l’on pourrait s’y attendre. 

Une étude a été réalisée en ligne dans douze pays (Brésil, Chine, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Pologne, Russie, Afrique du Sud, Royaume-Unis, États-Unis), assortie de groupes de discussions dans quatre de ces pays. Parmi les enseignements principaux du rapport, les chercheurs soulignent ainsi que, même si la prise de conscience n’est pas très élevée, les consommateurs attendent des actions des gouvernements:

«Les gouvernements surestiment le risque de réaction du public. Des interventions douces pour augmenter la prise de conscience des consommateur ou pour les pousser vers des choix plus durables, par exemple en augmentant la disponibilité et l’importance des options alternatives dans les magasins, sont susceptibles d’être bien reçues. Des approches plus interventionnistes –mais nécessaires– comme la fiscalité pourraient rencontrer une résistance, mais de courte durée, d’après les groupes de discussion, particulièrement si les gens comprennent la justification politique.»

Gagnant-gagnant

D’après ce rapport, des mesures contraignantes, donc entre autres via la fiscalité, pourraient donc, après un court temps de mécontentement, être relativement bien acceptées si c’est dans l’intérêt public. Laura Wellesley, auteure principale de l’étude, explique au Guardian:

«Les gouvernements ignorent ce qui devrait être une très attrayante politique “gagnant-gagnant”. […] L’idée que des interventions de ce genre sont trop politiquement sensibles et trop difficiles à mettre en œuvre est injustifiée. Nos groupes de discussion montrent que les gens attendent des gouvernements qu’ils mènent une action sur les questions qui concernent le bien global. Notre recherche indique que toute réaction à des politiques impopulaires serait probablement de courte durée, si la justification de l’action est forte».

Le rapport n’entre pas dans le détail sur le montant de la taxe que les gens seraient prêts à supporter... Et liste surtout de nombreuses autres recommandations, notamment de prévention et de sensibilisation.

Ceci dit, comme le souligne Quartz, même si les personnes interrogées croient généralement au rôle des gouvernements sur cette question de la consommation de viande, seule une petite minorité des contributions nationales soumises à la COP21 présentent des engagements de réduction des émissions liées à l’élevage.  

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