Monde

Les médias américains n'hésitent plus à dire que Donald Trump est fasciste

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 25.11.2015 à 10 h 20

Repéré sur The Week, The Daily Beast

Les dernières déclarations et propositions du candidat à l'investiture républicaine choquent de nombreux éditorialistes.

Donald Trump dans l'Ohio, le 23 novembre 2015 I REUTERS/Jay LaPrete

Donald Trump dans l'Ohio, le 23 novembre 2015 I REUTERS/Jay LaPrete

Pour décrire la campagne de Donald Trump, la presse américaine a commencé à utiliser un mot assez rarement utilisé pour décrire des idées politiques aux États-Unis: «fasciste».

C'est particulièrement le cas depuis les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, qui ont été l'occasion pour Trump, qui est toujours en tête des sondages pour les primaires républicaines à la présidentielle, de renforcer son discours sécuritaire xénophobe et raciste.

«Je ne suis pas sûr que Donald Trump sache vraiment qu'il est un néo-fasciste. Il ne connaît peut être pas assez l'histoire du monde pour être conscient de l'odeur maintenant évidente de sa rhétorique, écrit Michael Tomasky dans The Daily Beast. Arrêtez ce que vous faites et pensez à ceci: je viens d'écrire un paragraphe où je me demande si le candidat principal à la présidentielle d'un de nos deux principaux partis est sciemment fasciste.»

Une force fédérale pour expulser les gens

Dans The New Republic, Jamil Smith déclare d'entrée que «oui, Donald Trump est un fasciste», et l'éditorialiste voit une sorte de version du point Godwin dans la campagne du milliardaire républicain: «Plus il fait campagne (en tête) pour les primaires républicaines, plus la probabilité qu'il ressemble à un nazi augmente.»

Même type d'analyse dans le magazine The Week, où Ryan Cooper écrit:

«Alors que les premières primaires approchent, et que Trump gagne des points dans les sondages, sa descente vers le fascisme progresse plus vite que je ne le craignais.»

Même certains républicains ont commencé à utiliser ce mot pour décrire la campagne du magnat de l'immobilier. C'est notamment le cas de Jim Gilmore, un ancien gouverneur de Virginie qui se présente à la primaire (sans faire campagne), et qui expliquait dans une interview télévisée:

«J'ai dénoncé nombreuses de ses idées, y compris celle de la force fédérale qu'il veut mettre sur pied pour expulser [les immigrés illégaux]. Une sorte d'organisation nationale qui expulserait les gens hors du pays. Je ne suis pas d'accord avec ce genre de choses. J'ai dit que c'était de la rhétorique fasciste.»

Ficher les musulmans

De même, en réaction à la réponse de Trump sur un possible fichage des musulmans, un conseiller de la campagne de Jeb Bush avait tweeté:

Le fichage fédéral forcé de citoyens américains basé sur la religion est du fascisme. Point final. Pas d'autre mot pour décrire ça.

Ou encore ce tweet d'un chercheur conservateur qui est conseiller du candidat républicain Marco Rubio:

Trump est un fasciste. Ce n'est pas un terme que j'emploie souvent ou à la légère. Mais il le mérite.

Depuis la semaine dernière, la liste des déclarations controversées de Trump est en effet assez impressionnante.

À la question d'un journaliste de savoir si un fichage systématique des musulmans américains était désirable, Trump avait répondu que ce serait une solution envisageable. Il a ausi parlé de fermer les mosquées aux États-Unis, et d'utiliser la technique de torture dite de «waterboarding», car «croyez-moi, ça marche, et vous savez quoi? si ça ne marche pas, ils le méritent quand même». 

Il a aussi colporté plusieurs mensonges sur les musulmans américains en train de célébrer le 11-Septembre, ainsi que de faux chiffres sur la criminalité des noirs américains, et le weekend dernier, ses supporters ont brutalement expulsé un manifestant noir d'un de ses meetings.

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