MondeFrance

Le manque de communication entre les renseignements français et marocain est critiqué

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 24.11.2015 à 9 h 31

Repéré sur Wall Street Journal

Les enquêteurs français ont découvert tardivement les liens de parenté entre Abaaoud et Aït Boulahcen.

Scellé sur la porte de l’appartement de Samy Amimour, un des terroristes identifiés par la police, à Drancy, le 17 novembre 2015 | REUTERS/Gonzalo Fuentes

Scellé sur la porte de l’appartement de Samy Amimour, un des terroristes identifiés par la police, à Drancy, le 17 novembre 2015 | REUTERS/Gonzalo Fuentes

Interviewées par un journaliste du Wall Street Journal, plusieurs sources anonymes des services de renseignement et du gouvernement français ont critiqué les failles sécuritaires qui ont rendu possibles les attentats du 13 novembre.

Selon les personnes interviewées, il est particulièrement préoccupant que le lien entre le terroriste Abdelhamid Abaaoud, le «visage le plus connu du djihad francophone», et sa cousine Hasna Aït Boulahcen n’ait pas été découvert plus tôt.

«Échec total»

En effet, les autorités françaises connaissaient Boulhahcen bien avant qu’elle ne meure dans l’assaut mené par le Raid à Saint-Denis: son téléphone était sur écoute dans le cadre d’une enquête pour trafic de drogue.

«La découverte tardive des liens entre Abaaoud et Aït Boulahcen a stupéfié les enquêteurs français, a déclaré une personne proche du dossier. Abaaoud, un militant qui était recherché depuis des mois par les autorités françaises, avait une complice potentielle à Paris, juste sous leur nez», écrit David Gauthier-Villars dans le Wall Street Journal.

Un officiel du gouvernement cité dans l’article résume:

«Pas besoin de nous voiler la face. Il s’agit d’un échec total.»

Coopération sécuritaire

Ce sont les services de renseignement marocains qui ont donné à la France des précisions sur le lien familial entre Aït Boulahcen et Abaaoud. Grâce à cette information, les services antiterroristes ont mis Aït Boulahcen sur écoute, ce qui a permis de retrouver son cousin djihadiste dans un appartement de Saint-Denis.

La coopération sécuritaire avec le Maroc avait été suspendue de février 2014 à janvier 2015, à la suite de la convocation d’Abdellatif Hammouchi, le chef du contre-espionnage marocain, par un juge d’instruction français enquêtant sur des plaintes pour torture. 

Le Wall Street Journal rappelle aussi qu’en 2014 la Turquie avait averti la France qu’Omar Mostefaï et Samy Amimour, les kamikazes du Bataclan, avaient été en Syrie, mais les renseignements français n’ont pas assez exploré les liens entre ces deux individus.

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