Monde

Ce que nous apprend Dabiq, le magazine de Daech

Temps de lecture : 2 min

La publication de propagande du groupe État Islamique est un bon révélateur de ce qui occupe et préoccupe les djihadistes.

Couverture de la douzième édition de Dabiq, le magazine de propagande djihadiste | Capture d'écran.
Couverture de la douzième édition de Dabiq, le magazine de propagande djihadiste | Capture d'écran.

Un des premiers articles de Sun Tzu dans son ouvrage L'Art de la guerre préconise de connaître son adversaire: «Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux». L'ancien magazine comique américain Cracked, depuis devenu un site, a décidé de prendre la citation au pied de la lettre et de lire l'intégralité des publications de Dabiq, le magazine officiel de Daech.

Passant en revue plus de 700 pages et onze éditions (la douzième, publiée la semaine passée, n'a pas été traitée), Cracked (qui a légèrement transformé la citation du général chinois...) en a retiré quelques points importants. Tout d'abord, Dabiq a une certaine prestance. Il présente ses interviews avec les combattants de l'EI comme des entretiens avec de véritables célébrités et utilise les phrases des politiciens étrangers dans la rubrique «les mots de nos ennemis» entre de nombreuses assertions religieuses. John Cantlie, un des journalistes détenus par Daech, y tient même une chronique.

L'invasion étrangère est attendue

Étrange moyen de propagande morbide, Dabiq montre énormément de photos de corps de combattants morts. Il qualifie d'ailleurs les combattants de «soldat de la terreur».

Surtout, Cracked explique comment lire Dabiq permet de connaître la vraie nature de l'EI, et ce qu'il souhaite réellement. Les différentes éditions considèrent une invasion américaine comme «inévitable». Elle est même souhaitable pour que la citation au début de chaque édition du magazine se réalise:

«L'étincelle a été allumée ici en Iraq, et sa chaleur continuera à s'intensifier –par la permission d'Allah– jusqu'à ce qu'elle brûle les armées croisées à Dabiq.»

Dabiq est une ville au Nord-Est de la Syrie, d'où le magazine tire donc son nom. D'après un hadith sur l'apocalypse, c'est là où les armées de l'islam affronteront les forces infidèles.

Une haine aux multiples visages

Mais le magazine ne fait pas que montrer les forces de Daech. Il révèle implicitement ses faiblesses. S'appuyant sur la photo d'Aylan Kurdi, l'enfant syrien mort en tentant d'effectuer la traversée vers l'Europe, le magazine a enjoint les réfugiés de la région à rester. Ce qui pourrait traduire un problème d'argent grandissant car les réfugiés sont des payeurs d'impôts que l'EI ne peut se permettre de perdre. Le fait qu'ils appellent régulièrement divers type de métiers, dont des docteurs, à venir dans le califat, témoigne également d'un manque de spécialistes.

Lire le magazine permet enfin de voir à quel point Daech hait l'Iran, les Talibans, Al-Qaïda, ou les dealers de drogues autre qu'eux. Mais surtout, ils haïssent les musulmans qui ne les soutiennent pas et ne les rejoignent pas. Ce qui fait un paquet de monde.

Slate.fr

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