France

Pour le Guardian, François Hollande est «le John Wayne des Champs-Élysées»

Temps de lecture : 2 min

Le journal anglais compare le président à un lion en guerre.

François Hollande, le 14 novembre 2015 I REUTERS/Stephane de Sakutin/Pool
François Hollande, le 14 novembre 2015 I REUTERS/Stephane de Sakutin/Pool

Le temps du président «normal» est définitivement révolu. Un peu plus d'une semaine après les attaques terroristes en région parisienne, François Hollande semble avoir définitivement enfilé sa tenue de chef de guerre pour maintenir l’état d’urgence et demander une coalition mondiale afin d'aller combattre Daech sur ses terres.

D'après le journal britannique The Guardian, il s’agit d’une «véritable transformation» pour celui qui a surtout fait parler de lui à l’étranger pour sa rupture avec Valérie Trierweiler. Le journal va même plus loin en disant que pour un «homme à la stature plutôt petite, Hollande marchait soudainement la tête haute, le John Wayne des Champs-Élysées». «Après les fusillades de Charlie Hebdo en janvier, Hollande cherchait des causes –exclusion sociale, dépravation économique, aliénation des jeunes musulmans, rappelle le journal. La semaine dernière, il cherchait des coupables.»

Attention au retour de bâton

François Hollande aurait réussi à s’emparer à nouveau de tous les outils indispensables à un président en temps de crise: rhétorique patriotique, appel au sentiment et à l’identité nationale, supériorité morale, peur de l’autre… En face, l’opinion publique accepte ce qu’elle aurait refusé en temps normal: surveillance de masse, tout-sécuritaire, etc.

Et ce schéma n’est pas nouveau. Avant lui d’autres chefs d’États, comme George W. Bush après le 11-Septembre, ont suivi un chemin similaire. Pour le journaliste du Guardian, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a aussi misé sur la peur de ses électeurs (insécurité économique, peur de Daech, de la minorité kurde etc.) pour remporter les élections au début du mois.

Mais le retour de bâton peut être très violent. Après une période de statu quo en début d’année, la popularité de François Hollande a très vite rechuté. Même chose quand Angela «Mama» Merkel, après une période de popularité immense pour avoir accueilli les migrants à bras ouverts, a dû affronter la tempête quand l’opposition lui a reproché cette approche de la politique migratoire. Et que dire du dénouement de la croisade contre al-Qaïda menée par George W. Bush et dont les terribles conséquences se font encore sentir aujourd’hui.

Hollande gagnant?

Une autre comparaison, dont Slate.fr s’était fait l’écho, a été proposée par l'hebdomadaire allemand Die Zeit et concernait l'ancien chancelier Helmut Schmidt (SPD), décédé à l'âge de 96 ans le 10 novembre dernier:

«Quand ça pète, il est là. Sans discours idéologique, courageux, sans faire tout un scandale. En ayant pleine conscience des valeurs démocratiques. Beaucoup de journalistes ont décrit ainsi la politique menée en temps de crise par le chancelier aujourd'hui décédé Helmut Schmidt dans leurs nécrologies. Mais on parle ici de François Hollande.»

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Reste à savoir maintenant si François Hollande fera mentir les statistiques sur les présidents face à la crise et sortira gagnant de cette période trouble et incertaine.

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