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Voyage au coeur de la communication de l'EI

Couverture du magazine Dabiq, publication officielle de l'EI. (Capture d'écran)

Couverture du magazine Dabiq, publication officielle de l'EI. (Capture d'écran)

La communication de Daech est à l'origine de la majorité du recrutement du groupe terroriste et ses responsables sont considérés comme des cibles militaires par les Américains.

L’Etat islamique comprend des territoires, des soldats, des terroristes mais aussi un groupe médiatique aux outils de propagande affûtés, rappelle le Washington Post dans une enquête fouillée sur leur système de communication.

L’organisation a installé aux commandes de son unité de communication de nombreux étrangers qui, pour beaucoup, avant d’arriver en Syrie, avaient travaillé pour des chaînes d’information, des boîtes de production, pour des concepteurs de logiciel. Dont beaucoup de Français, comme le soulignait dans La Croix Mathieu Guidere, islamologue et professeur à l’université de Toulouse II: «

Si les Français n’ont pas réellement de postes importants au sein du commandement militaire de Daech, ils jouent un rôle clé dans sa communication. »

Propagandise, l'échelon suprême

Ces «centaines» de salariés du service de com', note le WP, ont à charge d’encourager les soldats au combat, d'intimider les ennemis du «califat» mais aussi d’attirer de nouvelles recrues.

Les propagandistes sont si importants qu'ils ont même acquis un statut enviable au sein de Daech. Les responsables de ces cellules médiatiques sont traités comme des émirs et comme les égaux des chefs militaires du groupe terroriste. Un ancien caméraman de l’EI, cité par l’article, explique qu’il était payé 700 dollars par mois (sept fois plus que le salaire d’un fantassin), voyait ses frais pris en charge, et était exempté d’impôts.

Cette puissance des propagandistes a conduit les Américains à les considérer comme des cibles militaires. 

Le meilleur angle pour les scènes d'exécution

La cellule médiatique peut aussi compter sur du matériel de bonne qualité arrivant tous les mois depuis la frontière turque. Les propagandistes ont, par ailleurs, tout contrôle sur les scènes qu’ils filment. Lors des scènes de décapitation capturées, c’est ainsi le réalisateur qui décide du moment de l’exécution à la place du bourreau. Il peut même être demandé à celui-ci de lever plusieurs fois son sabre pour fournir aux caméras plusieurs angles ou plans possibles.

Et la langue française a une place importante dans cette propogande, comme le notait Guidere dans La Croix: 

«La présence très précoce de nos ressortissants en Syrie a aussi permis à Daech de faire du français une langue de choix dans la diffusion de sa propagande en ligne. L’organisation terroriste a très vite compris qu’elle pourrait ainsi diffuser son contre-discours à l’ensemble des francophones, et pas seulement au monde arabe ou anglo-saxon.»

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