France

Comment les forces de l'ordre se servent de l'état d'urgence

Repéré par Charlotte Pudlowski, mis à jour le 22.11.2015 à 12 h 09

Repéré sur Le Monde, FrancetvInfo, Le Figaro, L'Express

Le 17 novembre à Paris, France. REUTERS/Benoit Tessier

Le 17 novembre à Paris, France. REUTERS/Benoit Tessier

Comme le note notre collaborateur Vincent Glad, journaliste, «c'est bien pratique l'état d'urgence». 

Le lien de ce tweet renvoie vers un article de France3 régions du 19 novembre, titré «Après les attentats, rumeurs, fausses alertes, psychose et perquisitions dans le Nord Pas-de-Calais». 

On y lit le récit des perquisitions menées par la police, des opérations qui n'ont aucun lien direct avec les attentats mais qui, à la faveur de l'état d'urgence prononcé à la suite du 13 novembre, et dans le but explicite de se donner davantage de moyens pour appréhender les terroristes, ont pu avoir lieu:

«Les forces de l'ordre en ont profité pour mener des opérations chez des "cibles". Délinquance, trafic d'armes, drogues... Pas de lien direct avec les attentats mais une occasion saisie pour "faire le ménage" dans certains quartiers, procéder à des vérifications sans la "lourdeur" de la procédure judiciaire.»

Dans l'Express, Bruno Beschizza, maire (LR) d'Aulnay-sous-Bois et ancien secrétaire général du syndicat policier Synergie-Officiers a minimisé:

«Les perquisitions administratives permettent de faire d'une pierre deux coups puisqu'il y a porosité entre les milieux du grand banditisme, du trafic de stupéfiants et du terrorisme. Quand on fait des perquisitions administratives, on tape dans toutes les cibles de soutien potentiel au terrorisme et on tombe donc sur du trafic de drogue et des armes. C'est vrai qu'il y a un effet d'opportunité pour certains enquêteurs mais ils ne la font pas à l'envers, ils ne se disent pas: 'tiens, lui, on va en profiter pour le faire tomber pour terrorisme'.» 

Comme le rappelait Le Figaro le 19 novembre, l’état d’urgence, déclaré dès le 13 novembre et prolongé pour trois mois le 20, permet notamment «au ministre de l'Intérieur de procéder à des perquisitions administratives, sans passer par l'autorité judiciaire» et il confère aux autorités administratives le pouvoir «d’ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit». Le quotidien ajoutait:

«En cas d'infractions aux dispositions sur ces perquisitions, tout comme pour les assignations à résidence, les peines encourues sont substantiellement accrues.»

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