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Comment le ciment et le café peuvent sauver la planète?

Des grains de café dans une coopérative près de San Salvador, République du Salvador, le 10 décembre 2012. REUTERS/Ulises Rodriguez

Des grains de café dans une coopérative près de San Salvador, République du Salvador, le 10 décembre 2012. REUTERS/Ulises Rodriguez

A l'approche de la COP21, le Guardian examine la situation dans laquelle se trouve la planète: pas terrible.

«Au cours de la dernière décennie, les émissions de gaz à effet de serre ont suivi le pire scénario envisagé par le GIEC.» 

A cause de ces émissions, incontrôlées, les températures mondiales moyennes s'élèvent désormais à environ 0.9°C de plus que lors de la période pré-révolution industrielle. Il existe assez de gaz à effet de serre concentrés dans l'atmosphère pour élever encore les températures mondiales moyennes de 1.5°C par rapport à la moyenne pré-industrielle (et cela même si toutes les émissions s'arrêtaient aujourd'hui). Les scientifiques spécialisés dans le climat avertissent qu'«à 2°C de réchauffement, nous serons au seuil d'un dérèglement climatique tellement sévère qu'il pourrait menacer la civilisation mondiale».

Et malgré tout, il y a de quoi être optimiste. 

La géo-ingénierie, fausse bonne idée

Quand on envisage l'avenir de la lutte contre le réchauffement climatique, on parle très souvent de géo-ingénierie. Si la géo-ingénierie, qui regroupe l'ensemble des techniques visant à manipuler le climat et l'environnement terrestres pour les modifier, et notamment contrer le réchauffement climatique, est envisagée par certains comme une bonne nouvelle –et suscite de nombreuses recherches– le Conseil national de la recherche aux Etats-Unis assurait dans un rapport en 2015:

«Nous ne disposons pas d’informations suffisantes sur les conséquences probables des interventions sur le climat pour justifier leur utilisation.»

La Guardian ajoute: «il s'agit bien trop souvent de combattre un poison à l'aide d'un autre poison».

La troisième voie

En revanche, une autre voie, appelée «la troisième voie» et trop souvent confondue avec la géo-ingénierie, existe. Et c'est celle qui donne de l'espoir, selon le Guardian. «Elle implique le déploiement de technologies, méthodes et approches qui recréent, renforcent ou restaurent les processus qui maintenaient l'équilibre des gaz à effet de serre avant l'interférence humaine, avec pour but d'évacuer les émissions de carbones, à grande échelle, hors de l'atmosphère terrestre et des océans. C'est ce que font les plantes, et quelques pierres.» 

En quoi est-ce différent de la géo-ingénierie? «Si une approche fait du mal aux écosystèmes terrestres, il faut parler de géo-ingénierie. Si elle les renforce, alors c'est une solution de la "troisième voie".»

Le ciment est un allié possible et surprenant dans cette troisième voie. D'habitude, comme le rappelait Futura-Sciences en 2013, le ciment est considéré comme un ennemi du climat.

«Produire du ciment relève d'une industrie lourde et complexe, qui consiste à transformer le calcaire et l'argile dans des fours puissants. La chaleur qui en résulte dégage d'importantes quantités de dioxyde de carbone. Le transport et l'extraction de ces matières premières sont également sources de rejet de CO2 dans l'atmosphère. Dans le monde, on estime à un milliard de tonnes le CO2 rejeté par l'industrie du ciment.»

Mais il pourrait en être autrement: le ciment pourrait en fait absorber et retenir du CO2 sur de très longues périodes. «Du béton à bilan carbone négatif est déjà en cours de production, et les producteurs estiment que ce béton est une option encore plus forte, plus durable, plus souple, et mois coûteuse que le béton traditionnel. Mais parce qu'il n'est pas utilisé depuis longtemps, et que l'on n'a pas encore pu évaluer ses états de services, les ingénieurs sont réticents à l'utiliser.»

Le café est également une option: en septembre, des chercheurs coréens ont annoncé une «formidable innovation»: «ils ont inventé une méthode pour modifier le marc de café utilisé (dont on sait qu'il est déjà pratique pour toutes sortes de choses) de sorte qu'il puisse stocker le méthane présent dans l'atmosphère.» Or la concentration actuelle de méthane et «plus encore future, influe de façon déterminante sur le calendrier et l'amplitude du changement climatique en cours et à venir», précisait un rapport publié en janvier 2015 par l'Académie des technologies et cité par le Figaro. 

«Avec de telles découvertes faites tous les mois, les possibilités offertes par la troisième voie semblent de plus en plus cruciales pour notre avenir», conclue le Guardian. 

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