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À travers le Mali, c’est aussi la France qui était frappée à Bamako

Temps de lecture : 2 min

Des terroristes islamistes ont attaqué l'hôtel Radisson dans la capitale malienne vendredi 20 novembre.

Le président français François Hollande en compagnie du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, le 19 septembre 2013 à Bamako. Crédit photo: REUTERS/Michel Euler/Pool
Le président français François Hollande en compagnie du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, le 19 septembre 2013 à Bamako. Crédit photo: REUTERS/Michel Euler/Pool

Une semaine après les attaques terroristes du 13 novembre qui ont tué 130 personnes en région parisienne, des terroristes ont pris d’assaut le 20 novembre l’hôtel Radisson de Bamako, l’un des lieux les plus sécurisés et luxueux de la capitale malienne, qui accueille beaucoup de diplomates, expatriés et hauts dignitaires étrangers. Un établissement qui est donc un lieu symbolique. Le dernier bilan communiqué par le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, qui est intervenu dans la nuit de vendredi à samedi à la télévision d’État, fait état de vingt-et-un morts, dont deux terroristes, et de sept blessés.

Le Mali est un très proche allié de la France en Afrique dans la lutte contre le terrorisme. L’armée française est intervenue en mars 2013 lors de l’opération Serval aux côtes des forces maliennes pour libérer le Nord-Mali de l’emprise de groupes djihadistes. Depuis 2014, c’est un millier de soldats français qui sont présents dans le pays, et principalement à Gao, dans le cadre de l’opération Barkhane, un dispositif sécuritaire régional de plus de 3.000 hommes.

«Une fois encore les terroristes veulent marquer de leur présence barbare tous les lieux où ils peuvent tuer, impressionner et massacrer. Nous devons encore une fois tenir bon et montrer notre solidarité envers un pays ami», a déclaré François Hollande lors d’un point presse le 20 novembre.

La France a pris une part active dans l’intervention pour libérer les otages à l’intérieur de l’hôtel Radisson. Le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, a annoncé avoir envoyé des forces spéciales françaises, qui ont soutenu l’armée malienne sur place.

Des menaces proférées le 17 novembre

Très active militairement au Mali et dans la région du Sahel, la France est particulièrement visée par les groupes djihadistes. Quelques jours après les attaques de Paris, le chef du groupe terroriste Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, appelait ses troupes à viser des cibles françaises dans un enregistrement sonore, avaient révélé les autorités maliennes. Le groupe Ansar Dine avait joué un rôle majeur dans l’invasion du Nord-Mali en 2012.

Mais la prise d’otages du 20 novembre au Radisson Blu Hotel a été revendiquée par un autre groupe djihadiste de la région: al-Mourabitoune, qui dit avoir agi avec l’aide d’al-Qaida au Magreb islamique (Aqmi). Ce groupe salafiste affilié à al-Qaida est apparu en août 2013 de la fusion des Signataires par le sang, de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar –un ex-chef d’Aqmi–, et d’une partie du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), très actif au Mali, en particulier dans la région de Gao.

La revendication de la prise d’otages à Bamako par al-Mourabitoune est encore en cours d’authentification, mais, selon Jean-Yves Le Drian, Mokhtar Belmokhtar «est sans doute à l’origine» de la prise d’otages. Elle a été relayée par l’intermédiaire du site mauritanien Al-Akhbar, un média proche du groupe terroriste, et également sur l’un des comptes Twitter de l’organisation, rapporte l’agence de presse Reuters. Fait important: dans leur revendication, les djihadistes disent avoir conduit cette prise d’otage pour venger la mort d’Ahmed al-Tilemsi. Ce haut responsable d’al-Mourabitoune au Mali avait été tué en décembre dernier dans une opération des forces françaises dans la région de Gao (Nord).

Avec le Mali, qui lutte sur son propre sol contre les djihadistes, c’est donc aussi la France qui était visée dans l’attaque de l’hôtel Radisson.

Camille Belsoeur Journaliste

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