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Chine: le géant rouge est-il devenu vert?

Slate.fr, mis à jour le 01.10.2009 à 11 h 10

La Chine est-elle devenue un géant vert? Avec le 60e anniversaire du règne communiste, les observateurs cherchent comment définir au mieux la puissance actuelle de la Chine.

Pour Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times, le fait marquant que les historiens du futur retiendront des 18 derniers mois ne sera pas la récession mondiale, mais plutôt le fait que la Chine rouge est devenue verte:

«Oui, les dirigeants de la Chine ont décidé d'opter pour le vert — par nécessité, parce que trop de leurs citoyens ne peuvent pas respirer, ne peuvent pas nager, ne peuvent pas travailler la terre et ne peuvent pas boire à cause de son outil de production basé sur le charbon et le pétrole. En conséquence, à moins que la Chine base son développement sur des énergies plus propres, [...] le pays mourra de son propre développement.»

Friedman va jusqu'à comparer ce tournant environnemental avec le lancement par les Russes de Spoutnik en 1957, qui avait persuadé les Etats-Unis qu'ils étaient dépassés par les Soviétiques dans la recherche technologique, et avait provoqué des investissements massifs dans la science, l'éducation et les infrastructures.

Mais tout le monde ne partage pas le point de vue du triple lauréat du prix Pulitzer. Sur le blog environnement du Guardian, Jonathan Watts suggère que Friedman est un peu éloigné de la réalité du pays: «[Friedman] a peut-être passé trop de temps à boire le thé avec les technocrates de Dalian et pas assez de temps à respirer l'air de Shanxi, Henan ou même Pékin.»

Selon lui, malgré d'énormes investissements dans les énergies renouvelables, 70% de l'énergie de la Chine dépend encore du charbon. Elle émet plus de carbone que n'importe quel autre pays du monde, et la quantité d'émissions risque de doubler en 20 ans.

Ces contradictions sont résumées dans le domaine du bois: la Chine plante deux fois plus d'arbres que le reste du monde mis ensemble, mais elle est le premier importateur de bois illégalement coupé du monde. Conclusion du blog: «Une Chine verte pourra peut-être émerger du brouillard et mener une révolution faible en carbone. [...] Mais pour le moment, le pays est trop grand, change trop vite et de manière trop incertaine pour être peint en vert.»

Le président Hu Jintao a annoncé la semaine dernière qu'il allait réduire la croissance des émissions de CO2 par point de PIB, sans précisions chiffrées. Mais selon certains experts, les annonces ne résoudront pas de sitôt l'énorme dépendance du pays aux énergies fossiles.

[Lire l'article complet sur guardian.co.uk et nytimes.com]

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Image de Une: Une centrale à charbon en Chine, REUTERS/Stringer China

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