France

Hasna Aïtboulahcen, une vie chaotique avant le terrorisme

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 20.11.2015 à 17 h 53

Repéré sur France TV Info, The Guardian

Identifiée parmi les personnes ayant été tuée dans l'assaut des forces de l'ordre à Saint-Denis, Hasna Aïtboulahcen a connu un parcours riche en contrastes.

Façade de l'immeuble de Saint-Denis où les forces de l'ordre sont intervenues.REUTERS/Gonzalo Fuentes

Façade de l'immeuble de Saint-Denis où les forces de l'ordre sont intervenues.REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les restes du corps d’Hasna Aïtboulahcen figuraient bien dans les décombres du 8, rue Corbillon à Saint-Denis où les forces de l’ordre sont intervenues mercredi 18 novembre pour démanteler une cellule de terroriste et empêcher Abaaoud de nuire. Aujourd’hui, la presse est revenue sur le profil atypique, et extraverti, de cette femme qu'on a un temps suspecté d'être la première femme kamikaze de France.

Des zones d’ombres subsistent bien sûr dans la biographie de cette jeune femme morte à 26 ans. Parmi celles-ci, sa relation avec Abaaoud dont elle a involontairement causé la perte via des écoutes téléphoniques. Il a été dit ces derniers jours qu’Abaaoud était le cousin d’Aïboulahcen mais le lien entre les deux n’était peut-être qu’amical. Son passé familial, en revanche, est déjà largement connu. Elle est née à Clichy-la-Garenne, le 12 août 1989. Très vite ses parents, arrivés en France en provenance du Maroc en 1973, s’installent à Aulnay-sous-Bois dans la cité des 3000 et se séparent.

Elle subit des maltraitances durant son enfance et est placée en famille d’accueil de l’âge de 8 à l’âge de 15 ans. Sa tutrice, ou plutôt son assistante familiale, raconte qu’après des débuts harmonieux, la petite fille devient difficile, sans doute sous l’influence des contacts qu’elle a gardés avec sa famille biologique. Elle dit l’avoir vue «applaudir» devant les images des attentats du 11 septembre 2001. 

«Le Diable est là la nuit»

Terreur nocturne ou simple peur enfantine, elle se blottie parfois dans ses draps disant que «le Diable est là la nuit». Elle finit par claquer la porte de cette famille d’accueil au cœur de l’adolescence. C’est à ce moment qu’elle se met à adopter ce comportement si contraire aux idées qu’elle professait juste avant sa mort. Elle porte souvent des santiags et un chapeau de cow-boy, qui la fait surnommer «Cowgirl» ou encore «Chapeau de paille», elle fait la fête, fume du cannabis et boit à l’occasion. «De la vodka», précise un de ses anciens amis. C’est à Creutzwald (Moselle) où elle est allée retrouver son père, salarié chez PSA, qu’elle s’amuse ainsi.

«Je ne l'ai jamais vue ouvrir un Coran»

Le journal britannique The Guardian ajoute qu’elle fait ses études à Metz. L’article donne aussi la parole à un homme qui se présente comme son frère et dit ne plus avoir de lien avec elle depuis cinq ans: «Elle critiquait tout en permanence. Elle vivait dans son monde. Elle n’a jamais voulu étudier sa religion. Je ne l’ai jamais vue ouvrir un Coran».

On ne sait pas exactement quand elle a commencé à verser dans l’islamisme, mais depuis janvier dernier elle témoignait sur les réseaux sociaux de son admiration pour Hayat Boumeddiene –la compagne de Coulibaly–, pour l’État islamique, et parlait du djihad. Il y a six mois, elle se met à porter une tenue traditionnelle puis il y a un mois adopte le niqab. Tout s’est alors accéléré jusqu’à sa présence dans la planque dionysienne

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