Culture

Prenez dix minutes pour regarder «Blackstar» de David Bowie

Temps de lecture : 2 min

Mieux que le Beaujolais nouveau, le dernier morceau de la légende anglaise n’a pas du tout un goût de banane.

Ces neuf minutes et cinquante-neuf secondes passionnantes sont sorties dans la nuit de jeudi 19 à vendredi 20 novembre. Première constatation: David Bowie est toujours aussi magnétique, sa voix ne bouge pas et il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il fréquente les sinueux chemins de l’avant-garde (qui a parlé de 1.Outside?). On est donc assez loin du rock millimétré de ces derniers albums.

Ce morceau inaugural, mystérieusement appelé «Blackstar», séduira autant les amateurs de jazz expérimental que ceux qui aiment la pop grand public. Bowie surprend ici car il n’est pas un habitué des morceaux-fleuves type Pink Floyd ou Sigur Ros. On y retrouve quand même quelques marottes habituelles: du tempo électro martial, des envolées lyriques, du saxo et une certaine folie surréaliste. Dix minutes intenses, bienvenues, qui nous sortent littéralement de notre quotidien pour nous embarquer dans cet imaginaire glauque et barré.

«Ne pas chercher un sens caché»

Bowie a choisi Johan Renck, réalisateur de clip et d’épisodes séries TV comme Breaking Bad, Panthers, Bloodline ou Walking Dead. Ce clip hallucinant joue sur des codes apocalyptiques connus et des chorégraphies, mmmm, particulières. Les plus jeunes pourront penser que Bowie plagie Stupeflip et se prend pour King Ju, les plus âgés verront de nombreuses références à Aleister Crowley, le sorcier préféré des rockeurs anglais.

Les plus curieux pourront lire la très longue interview du réalisateur sur Noisey, dans laquelle il confie ces mots de David Bowie:

«La seule chose que je pense être importante est de ne pas chercher un sens caché ou d'analyser ce que ces images signifient, parce c’est entre toi et moi. Les gens vont tout faire pour essayer de décomposer le clip et chercher des références cachées, et il n'y a aucun intérêt à l’encourager.»

En clair, ce n’est pas grave si on ne comprend pas tout. C’est même fait pour. Alors, on boit, on ne cherche pas le goût de banane et on attend le début 2016 avec encore un peu plus d’impatience. Le disque sortira le 8 janvier prochain.

Eric Nahon Journaliste

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