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Le Radisson, pris pour cible par des terroristes, est un lieu symbolique de Bamako

Capture d'écran de Google Maps montrant la situation du Radisson à Bamako, où a lieu la prise d’otages de ce vendredi 20 novembre 2015

Capture d'écran de Google Maps montrant la situation du Radisson à Bamako, où a lieu la prise d’otages de ce vendredi 20 novembre 2015

Ce n’est pas la première fois que des hôtels de luxe ont été pris pour cibles sur le continent africain.

Une «prise d’otages» a eu lieu à l’hôtel Radisson de Bamako, au Mali, vendredi 20 novembre. Au moins 18 personnes ont été tués par des djihadistes, qui ont été eux-mêmes abattus par les forces maliennes. Le compte-rendu des évènements Slate Afrique.

C’est un lieu fréquenté par la classe politique malienne, mais aussi les diplomates, expatriés et dirigeants étrangers, qui a été pris pour cible par des hommes armés à Bamako vendredi 20 novembre, vers 7 heures du matin heure locale.

Le Radisson Blu Hotel est au centre d’un quartier d’affaires où sont situées de nombreuses entreprises et grandes institutions mais aussi des représentations politiques de pays étrangers, dont l’ambassade américaine, qui se trouve à quelques centaines de mètres de là. Les autorités américaines ont d’ailleurs très vite annoncé que le personnel de son ambassade s’était mis à l’abri.

«On sait que le Radisson est un lieu huppé très sécurisé. On se sent en sécurité dans cette zone d’habitude», a témoigné une habitante de Bamako sur les ondes de Radio France Internationale.

Dans un passé récent, des hôtels de luxe ont plusieurs fois été pris pour cibles sur le continent africain. Le 26 juin 2015, un établissement de la station balnéaire de Sousse avait été attaqué par un homme, qui avait fait trente-sept morts, dont de nombreux touristes européens. L’attaque terroriste avait été revendiquée par Daech. En Somalie, une attaque à la voiture piégée contre un hôtel de Mogadiscio, revendiquée par les islamistes somaliens shebabs (qui ont noué des liens étroits avec Daech), avait fait treize morts dimanche 26 juillet 2015. Le 21 septembre 2013, les shebabs avaient également mené une attaque de grande ampleur tuant soixante-huit personnes au centre commercial de Westgate Mall à Nairobi, au Kenya, un lieu où Kényans aisés et expatriés se côtoient et qui compte plusieurs hôtels en son sein.

«Des citoyens qui sont devenus des cibles»

Le président du Tchad voisin, Idriss Déby, a lui dénoncé «une prise d’otages dans l’hôtel Radisson, que tout le monde connaît. Il y a des hommes et des femmes, des citoyens qui ne font que leur travail et qui sont devenus des cibles».

Pour le moment, l’assaut n’a pas été revendiqué, mais le Radisson a pu être visé pour plusieurs raisons.

Les services de renseignement et les forces de l’ordre maliens ont déjoué plusieurs tentatives d’attentats ces derniers mois. Elles visaient des cibles à Bamako. Et étaient l’œuvre de la katiba Khalid Ibn Walid et du Front de libération du Macina, comme l’explique le magazine Jeune Afrique dans cet article. Le 2 août, les services maliens avaient notamment déjoué une attaque contre le club nautique Djoliba, à Bamako, autre lieu huppé de la capitale.

Le Mali est aussi un proche allié de la France dans la lutte contre le terrorisme depuis l’intervention de l’armée française dans le pays à l’appel des autorités maliennes pour libérer le nord du pays de groupes djihadistes en janvier 2013, lors de l’opération Serval. Depuis 2014, les forces françaises, au nombre d’un millier, sont regroupées dans le nord-est du Mali à Gao, et sont impliquées dans l’opération Barkhane, un dispositif militaire régional.

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