Sports

Jonah Lomu, gentil géant du rugby de notre enfance

Grégor Brandy, mis à jour le 18.11.2015 à 17 h 24

Les jeunes fans de sport pleureront longtemps celui qui avait fait rentrer cette discipline dans une autre dimension.

Jonah Lomu résiste à deux joueurs italiens, le 14 octobre 1999. REUTERS/STR New

Jonah Lomu résiste à deux joueurs italiens, le 14 octobre 1999. REUTERS/STR New

Jonah Lomu est mort dans la nuit du 17 au 18 novembre. 

Il était est une légende du rugby, une légende du sport. L’équivalent de Ronaldo (le vrai) au foot ou de Michael Jordan au basket. La première superstar du rugby. Le genre de joueur capable de vous faire aimer un sport à lui tout seul. Le genre de joueur pour lequel on était presque triste du succès de la France contre la Nouvelle-Zélande, en demi-finales de la Coupe du monde 1999. Le genre de joueur tellement impressionnant que ses adversaires préféraient parfois ne pas se mettre sur son chemin, quitte à coûter un essai à leur équipe. (Le deuxième essai sur la vidéo).


Jonah Lomu, c’était 1m95 pour 118 kilos, un monstre aussi rapide qu’un sprinter, et une petit houppette sur un crâne rasé. Dans un long article consacré à la demi-finale mythique entre la France et la Nouvelle-Zélande, Christophe Dominici avait cette réplique géniale:

«Le légendaire ailier des All Blacks a également marqué ses adversaires. À tel point que Christophe Dominici a donné le nom de Lomu à son énorme chat. "C'est un Maine Coon, le plus gros chat du monde, il pèse 9 kg", précise l'ancien international tricolore en tentant d'esquiver les coups de griffes du félin sur l'encolure de son T-shirt en lin. "Je l'ai donc appelé Lomu. Ma fille m'a demandé: c'est quoi Lomu? C'est Jonah Lomu, je lui ai montré des images…"»

Dans le même article, Byron Kelleher décrivait parfaitement son ancien coéquipier:

«Jonah Lomu... c'est Jonah Lomu! C'est le meilleur joueur de l'histoire du rugby. Je crois qu'on ne reverra jamais un autre Jonah Lomu.»

Un joueur si extraordinaire que lors de la dernière Coupe du monde, on en venait presque à espérer qu’Habana n’inscrirait pas son seizième essai dans la compétition, histoire qu'il reste ex-aequo avec le Néo-Zélandais au classement des meilleurs marqueurs.

Comme le raconte L’Équipe, si on aimait Lomu, c’est aussi parce qu’il avait cette «volonté inextinguible de rejouer au rugby». Malgré une maladie génétique rare qui touchait ses reins, la star néo-zélandaise n’avait jamais vraiment abandonné, revenant à temps pour le Mondial 1999. Mais «obligé de s’astreindre à des dialyses», il avait manqué celle de 2003. Après une transplantation en 2004, il avait signé son retour chez les Cardiff Blues pour une dizaines de matchs. Il avait fait une dernière apparition en 2010, en France, en Fédérale 1 (troisième échelon nationale) dans le club de Marseille-Vitrolles.


Jonah Lomu était un joueur ultra-charismatique à qui tout aurait dû réussir. S’il a décroché une Coupe du monde à 7, ses prestations de légende ne lui ont jamais permis de décrocher le titre mondial à XV. En 1995, la Nouvelle-Zélande s’était incliné en finale, face à l’Afrique du Sud. En 1999, c’était donc face à la France, en demi-finale. Sa carrière internationale s’était achevée en 2002.

Je me souviens de cette année 2010 où l’office de tourisme de Brive-la-Gaillarde lui avait proposé d’être parrain pour la «Beach rugby Cup». Cela faisait déjà plusieurs années qu’il avait dit adieu au rugby sur le plan professionnel. Mais l’ailier néo-zélandais avait attiré, sur son simple nom, une foule immense. De tous les âges. Je me souviens m'être demandé qui, à l'exception de Zidane, Ronaldo ou Jordan, serait capable d'accomplir la même chose.

Le lendemain, une grande partie de mes amis passionnés de sport changeaient leur photo de profil Facebook pour une où ils posaient à côté du Néo-Zélandais. Tous fascinés de voir ce joueur qui avait fait passer leur sport dans une autre dimension. Aujourd'hui, ils sont plusieurs à avoir ressorti ce cliché, comme pour montrer qu'ils ne l'oublient pas.

Et puis il y a cet aspect plus anecdotique, ce jeu vidéo à son nom, sorti en 1997, qu’il avait «marqué de son empreinte à l'instar de l'événement de 1995», raconte JeuxVideo.com. Un jeu mythique aux répliques extraordinaires et sur lequel j’ai dû passer des dizaines et des dizaines d’heures à jouer avec mon frère.


Jonah Lomu est mort d’une crise cardiaque à l’âge de 40 ans. Mon moi de 8 ans va le pleurer un long moment.

Grégor Brandy
Grégor Brandy (439 articles)
Journaliste
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