France

Toutes les tragédies ne se valent pas, c'est tristement logique

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 18.11.2015 à 15 h 00

Repéré sur Flavorwire

Il est parfaitement normal d'être plus affecté par ce qui nous paraît plus proche de nous.

Commémoration des attentats de Bombay en 2013.REUTERS/Danish Siddiqui

Commémoration des attentats de Bombay en 2013.REUTERS/Danish Siddiqui

Alors que les réseaux sociaux se couvraient de bleu, de blanc et de rouge après les attentats du 13 novembre, certains se sont étonnés (comme Slate le mentionnait ici) du contraste avec l’indifférence supposée à l’égard des 44 victimes d’une double-attaque suicide à Beyrouth la veille. Tom Hawking, de Flavorwire, réagit à ce sous-jacent procès en ethnocentrisme, que nous abordions ici, par cette tribune.

Il se souvient des tueries de Bombay en novembre 2008 en Inde. Ayant vécu dans cette ville, ce massacre l’avait profondément atteint. Il ne se rappelle pas, cependant, avoir vu beaucoup d’indignations dans les statuts Facebook des internautes, ni beaucoup de larmes sur le visage de ses amis. Loin d’en être choqué, il explique facilement cette dichotomie, à plusieurs années d’intervalle, entre les épanchements de tristesse devant un Paris ensanglanté et le relatif silence autour d’un Bombay endeuillé: en Occident, Paris évoque bien plus de choses que la mégapole indienne.

Le facteur identification

La configuration des attaques de Paris et Saint-Denis joue aussi beaucoup dans l’amplification du deuil: des meurtres collectifs dans une salle de concert, des bars, accompagnés d’explosions de bombes humaines près d’un stade, impressionnent à coup sûr les citadins occidentaux qui ne peuvent qu’en venir à penser qu’ils auraient pu être la cible de pareils forfaits perpétrés dans le type de lieux qu'eux-mêmes fréquentent. Et la loi est bien connue: la proximité règle et dirige notre deuil lors des événements graves, par exemple en ce qui concerne la mort. 

Il semble à Tom Hawking imprudent de s’étonner de cette loi d’airain car, sans elle, rien ne nous conduirait à être plus triste pour la mort d’un parent que pour le décès d’un inconnu à 8.000 kilomètres de notre domicile. Partant de là, ou bien notre quotidien deviendrait invivable, écrasé par une douleur permanente, ou bien chacun deviendrait totalement indifférent à l’égard de la mort et incapable de compassion.

Pour finir, il évoque, pour le dénoncer, un phénomène qu'un article a appelé «The Game» (ou «le grand jeu» en français). Il s’agit d’une tendance générée par l’impudicité des réseaux sociaux où chacun cherche à paraître moralement meilleur que son voisin à l’égard des misères du monde. Mais sans grande considération pour l’événement tragique en question. 

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