Monde

Dans les territoires de Daech, le règne de la peur et de la torture

Temps de lecture : 2 min

Pour imposer son autorité, l'État islamique joue sur la terreur. Des brigades sont chargées d'enfermer ceux qui ne respectent pas la loi, de torturer les suspects et d'exécuter ceux qu'ils considèrent comme des traîtres.

Un membre de l'État islamique contrôle le trafic à Raqqa, en Syrie, en septembre 2014 | REUTERS/Stringer
Un membre de l'État islamique contrôle le trafic à Raqqa, en Syrie, en septembre 2014 | REUTERS/Stringer

En octobre dernier, un journaliste américain a rencontré un ancien membre de l'État islamique pour le Daily Beast. Abu Khaled, un pseudonyme, a quitté le groupe terroriste quelques semaines en arrière et a accepté de raconter le fonctionnement de l'organisation, après des semaines de discussions sur Skype ou WhatsApp. Le premier volet de cette série d'article est disponible ici (en anglais) et nous avons évoqué le second ici (en français).

Dans ce troisième volet, The Daily Beast s'intéresse aux pratiques de l'État islamique pour affirmer son autorité dans les territoires qu'il occupe, notamment grâce à des «brigades de torture». Daech est habité par la paranoïa et la crainte que des agents secrets étrangers s'infiltrent dans leur rangs, explique Abu Khaled. Pour garder le contrôle, faire régner l'ordre et faire peur à ceux qui tenteraient d'infiltrer l'organisation terroriste, des brigades enferment, torturent et, dans certains cas, exécutent.

Trahison, cigarettes et espionnage

Pour avoir passé du temps avec des filles sans être mariés, un homme a été détenu dans une cellule pendant plusieurs jours. Pour avoir menti dans un tribunal, un témoin a été détenu pendant trois jours. «Pour des cigarettes, tu peux y rester un jour, deux jours, trois jours... Ça dépend», ajoute Abu Khaled, l'ancien espion.

Aussi, l'État islamique considère l'espionnage comme un acte de «haute trahison». Si vous collaborez avec l'Armée syrienne libre, pour la CIA ou des services secrets étrangers, vous risquez la peine capitale, ajoute Abu Khaled. Il cite l'exemple d'un Koweïtien, décapité dans la ville d'al-Bab par l'État islamique, car soupçonné de travailler pour les services secrets britanniques ou celui d'un Russe, lui aussi exécuté, qui a reconnu appartenir aux services secrets de Vladimir Poutine. «Ils ont une vidéo, il a avoué. Je ne sais pas si c'était sous la pression, mais il a avoué», précise Abu Khaled. Un autre homme, un Palestinien accusé de travailler pour le Mossad, a également été tué.

Le règne par la terreur

La trahison est synonyme d'exécution pour l'État islamique. Abu Khaled se souvient d'un homme qui a été repéré en train de déposer des appareils de localisation à proximité des lieux où sont cachés les dirigeants de l'organisation terroriste. Les signaux de ces appareils étaient, selon lui, destinés aux drones de la coalition internationale et permettaient aux avions de cibler des endroits précis. «L'homme a été arrêté. Ils lui ont coupé la tête et ont laissé son corps pourrir sur une place pendant trois jours, sa tête accrochée à bâton», finit-il.

L'article évoque également d'autres techniques utilisées par Daech pour accroître sa mainmise sur ses territoires. Toutes les personnes recherchées et qui fuient l'État islamique voient leurs biens et leurs propriétés confisqués et saisis par l'organisation, explique Abu Khaled:

«Les terres, les boutiques, les maisons, tout. L'immeuble dans lequel j'habitais à al-Bab appartenait à une personne qu'ils accusaient de travailler pour le régime. Alors, ils ont saisi l'immeuble entier. Ils sont venus avec une lettre d'expulsion pour tous les résidents de l'immeuble. Ça disait: “Vous avez 24 heures pour quitter le bâtiment

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