Monde

Daech veut la guerre pour attirer de nouvelles recrues

Repéré par Christophe-Cécil Garnier, mis à jour le 17.11.2015 à 16 h 36

Repéré sur The New York Review of Books, National Review, The Independent

Partir en guerre contre l'organisation terroriste pourrait servir à amener plus de personnes dans les bras du groupe État Islamique, selon deux chercheurs.

Un kiosque à journaux à Nice, le 14 novembre 2015. REUTERS/Eric Gaillard

Un kiosque à journaux à Nice, le 14 novembre 2015. REUTERS/Eric Gaillard

Après les attentats qui ont touché Paris et le Stade de France le 13 novembre, François Hollande a affirmé que le pays était «en guerre». Une phrase que le président de la République a martelé trois jours plus tard, lors du Congrès. Scott Atran et Nafees Hamid, membres du groupe de recherche scientifique Artis (spécialisé dans la compréhension de la violence politique et culturelle collective), expliquent dans un article de The New York Review of Books que la volonté martiale de François Hollande «est, malheureusement, ce que vise précisément le groupe État Islamique».

Les deux chercheurs –Scott Atran est notamment directeur de recherche au CNRS alors que Nafees Hamid est un étudiant en doctorat à l'University College de Londres– précisent que la «brutalité théâtrale de l'EI» fait partie d'un plan délibéré visant à instiller chez les croyants «un sentiment dont le sens se rapporte au sacré et au sublime».

Pour cela, ils s'inspireraient d'un manifeste publié en 2004 et intitulé «la gestion de la sauvagerie», un tract écrit par la branche irakienne d'Al-Qaïda. Il indique que pour être efficace, «les attaques devraient être lancées contre des cibles impossibles à défendre», pour provoquer un affaiblissement de la sécurité de l'État.

Des attaques violentes utilisées pour «attirer l'Occident dans un conflit militaire»

Ces tactiques serviraient également à attirer les «jeunes mécontents» plus prompts à se rebeller contre l'autorité, «remplis d'énergie et d'idéalisme que les appels à la modération ne cherchent qu'à supprimer». Ces attaques violentes seraient utilisées pour «attirer l'Occident de manière aussi poussée qu'active dans un conflit militaire»:

«La France, les États-Unis, et leurs alliés peuvent opter pour la force des armes, avec toutes les conséquences imprévues et involontaires qui pourront résulter d'une guerre totale. Mais même si le groupe État Islamique est détruit, ce message pourra toujours séduire de nombreuses personnes dans les futures générations. Jusqu'à ce que nous identifions les passions que ce message est susceptible d'attiser chez des jeunes mécontents partout dans le monde, nous risquons de les renforcer et de contribuer au chaos que l'EI chérit.»

Une analyse partagée par Dominique de Villepin et d'autres médias comme The Independent, qui dans une tribune explique que «les mauvaises réponses ne feront que créer un nombre incalculable de nouvelles recrues». Cependant, pour Charles C.W. Cooke du National Review, «il n'y a aucun moyen d'éradiquer ce groupe sans lui donner au moins une partie de ce qu'il recherche désespérément»

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