France

Pendant plus de deux heures, Sébastien a discuté avec les djihadistes qui ont attaqué le Bataclan

Temps de lecture : 2 min

Le rescapé a livré un témoignage bouleversant pendant la matinale de RTL.

Devant le Bataclan, le 17 novembre I REUTERS/Christian Hartmann
Devant le Bataclan, le 17 novembre I REUTERS/Christian Hartmann

«Ils nous ont demandé si on était d’accord avec eux», révèle Sébastien, pris en otage au Bataclan pendant les attaques commanditées par Daech, le 13 novembre à Paris. Dans un entretien téléphonique accordé à RTL le 17 novembre, le rescapé s'est confié sur les deux heures trente passées avec les djihadistes, alors qu’ils retenaient en otage les derniers survivants sur place.

«Ils nous ont fait leur prêche, leur speech, du pourquoi ils étaient là. Ils nous ont expliqué que c’était les bombes larguées en Syrie qui les poussaient à être là, pour nous montrer à nous Occidentaux ce que les avions faisaient là-bas. […] Ils nous ont expliqué que ce n’était que le début et que la guerre commençait maintenant, qu’ils étaient là au nom de l’État islamique, raconte-t-il au micro de RTL. Ensuite, ils nous ont demandé si on était d’accord avec eux. Je vous laisse imaginer le silence qui a plané à ce moment-là.»

Paniqués à l’idée de répondre à une telle question, menacés par une kalachnikov, «les plus timides [des otages] ont hoché de la tête, les plus téméraires ont dit oui». Le survivant confie également qu'à un autre moment, les terroristes lui ont tendu une liasse de billets pour qu'il la brûle. Une manière de voir si «l'argent avait de l'importance» à ses yeux.

«Une parole déplacée peut provoquer la mort»

Trois jours après l’attaque, Sébastien se souvient surtout de la « chance » qu’il a eu de ne pas s’être fait tuer après avoir tenté de fuir. Tout ce qui est arrivé par la suite n’était que paroles mesurées.

«Ces conversations là sont marquées du sceau de l’urgence: à tout moment, une parole déplacée ou mal interprétée peut provoquer la mort.»

Il confie même avoir essayé l’humour avec les assaillants, en vain:

«Il fallait bien désamorcer la bombe... À un moment, une femme a froid et demande un pull. Ce à quoi, l’assaillant répond en lui lançant un pull. J’ai demandé si je pouvais pas mettre ma chemise comme j’avais froid aussi, et à la manière d’un professeur un peu sévère, il m’a dit que je commençais à l’énerver. [...] C'est à ce moment là qu'on l'accepte, c'est quand on voit qu'ils s'énervent parce qu'on leur répond, c'est quand on voit qu'ils manquent d'humour.»

Sébastien, qui a demandé aux journalistes que l’on ne communique pas son nom de famille, a témoigné dans plusieurs médias au sujet de la prise d’otage.

Le soir du 13 novembre, il a sauvé la vie d’une femme enceinte qui avait tenté de fuir du Bataclan et qui est restée suspendue par une fenêtre pendant plusieurs minutes.

Mise à jour: Une première version de l'article notait que ce Sébastien «avait également publié une vidéo du concert au lendemain de la fusillade, relayée par Buzzfeed News». Comme le tweete le journaliste de Buzzfeed, il s'agit d'un autre Sébastien.

Slate.fr

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