Allemagne / France

L'Allemagne reste réticente à envoyer des troupes en Syrie

Temps de lecture : 2 min

Bien que le pays fasse partie de la coalition, il n'a pour l'heure mené aucune offensive contre l'État islamique. La presse allemande ne souhaite pas que ça change.

L'armée allemande sur un terrain d'entraînement I REUTERS/Ints Kalnins
L'armée allemande sur un terrain d'entraînement I REUTERS/Ints Kalnins

Après le choc provoqué par les attentats du 13 novembre, la presse allemande s'interroge sur l'attitude jusque là très réservée de l'Allemagne dans le conflit armé qui oppose la coalition arabo-occidentale à l'État islamique. L'hebdomadaire Der Spiegel rapporte les positions très tranchées parues dans les grands quotidiens ce matin.

À l'exception du quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui estime que «ce combat qui marque son époque ne pourra se remporter sans victimes» et que «l'Ouest doit prouver sa volonté et sa capacité à défendre ses valeurs […], y également avec ses propres troupes en Syrie», la plupart des journaux allemands se prononcent contre une intervention militaire en Syrie.

Aucune offensive menée

Le quotidien de gauche Die Tageszeitung plaide lui pour une interdiction des exports d'armes. Tandis que le quotidien berlinois Der Tagesspiegel, qui prône la mise en place de mesures visant à renforcer la sécurité sur le sol allemand, prend une position claire dans le débat sur la surveillance qui agite l'Allemagne ces dernières années:

«Plutôt que de débattre de la suppression de la Protection de la Constitution et des services de renseignement, on devrait étoffer ces instruments avec la conservation des données. Il n'y a qu'ainsi qu'un système d'alerte rapide fonctionnel pourrait être mis en place.»

Bien qu'elle fasse partie de la coalition arabo-occidentale, qui réunit une vingtaine de pays –dont la France, les États-Unis, le Maroc et l'Arabie Saoudite–, l'Allemagne n'a encore jamais mené une offensive sur les territoires occupés par l'organisation terroriste. La Bundeswehr est uniquement présente en Irak, où elle forme des combattants pechmergas et leur apporte un soutien matériel et logistique, comme le rapporte le site officiel de l'armée allemande.

Servir la paix et la défense de l'Allemagne uniquement

Fondée il y a soixante ans, très exactement le 12 novembre 1955, comme le rappelait dernièrement la Frankfurter Allgemeine Zeitung, la Bundeswehr est «la première armée de métier dans un État démocratique allemand», comme cette dernière l'indique sur son site officiel. «Servir la paix» et «servir uniquement la défense» figurent parmi ses principes fondateurs, qui font explicitement référence à la période nazie, affirmant qu'«un État de non-droit tel que le Troisième Reich ne peut pas être pris pour point de départ d'une tradition».

Des principes qui expliquent la position très en retrait de l'Allemagne vis-à-vis des conflits armés. Au mois de septembre 2015, la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, avait réitéré son refus d'une intervention militaire de son pays en Syrie, qualifiant cette possibilité de «solution facile», comme le rapportait alors Der Spiegel. Interrogée par la presse allemande au lendemain des attentats qui frappé la France, la ministre s'est montrée une fois de plus très prudente, se bornant à dire qu'il ne fallait pas «tirer des conclusions hâtives» et qu'il fallait faire preuve de «pondération», comme le rapporte la déclinaison allemande du Huffington Post.

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