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Pour Jeb Bush, les réfugiés musulmans ne sont pas les bienvenus

Temps de lecture : 2 min

Et, après les attentats parisiens du 13 novembre, il n'est pas le seul candidat à la primaire républicaine à penser cela.

Jeb Bush, le 13 novembre I REUTERS/Brian Snyder
Jeb Bush, le 13 novembre I REUTERS/Brian Snyder

Deux jours après les attentats du 13 novembre, le candidat aux primaires républicaines Jeb Bush a expliqué au journaliste de CNN Jake Tapper que le gouvernement américain devrait concentrer ses efforts pour aider les réfugiés syriens chrétiens, mais pas les musulmans.

«En ce qui concerne les réfugiés, je pense que nous devons opérer un tri minutieux et en accueillir un nombre limité. Au final, la meilleure solution pour gérer la crise est de créer des zones de sécurité en Syrie, de façon à ce qu'ils ne risquent pas leurs vies, et afin d'éviter des problèmes de sécurité nationale pour les États-Unis et l'Europe. En plus de cela, Jake, je dirais qu'il y a de nombreux chrétiens en Syrie qui n'ont nulle part où aller. Ils seront exécutés ou emprisonnés, soit par Assad, soit par Daech. Et je pense que nous aurions dû, que nous devrions concentrer nos efforts pour aider les chrétiens qui sont massacrés.»

Le journaliste de CNN a alors demandé au candidat comment les autorités américaines opéreraient ce tri entre chrétiens et musulmans. Jeb Bush a répondu:

«Et bien, nous faisons ça tout le temps. Nous faisons ce tri. Cela prend presque un an pour qu'un réfugié soit accepté aux États-Unis.»

Les Républicains sur une ligne dure

Lors d'un événement de campagne le dimanche 15 novembre, le candidat républicain Ted Cruz a opéré une distinction similaire entre chrétiens et musulmans:

«L'idée du président Obama et d'Hillary Clinton selon laquelle nous devrions accueillir des dizaines de milliers de réfugiés syriens musulmans: c'est de la folie.»

Cruz, qui est sénateur du Texas, a par contre précisé que les chrétiens pourraient être acceptés:

«Il n'y a pas vraiment de danger que les chrétiens commettent des actes de terrorisme.»

Pour Obama, «c'est honteux»

Au sommet du G20 en Turquie lundi, le président Obama a vivement critiqué cette volonté de discriminer par la religion:

«Quand j'entends des gens dire: “Peut être qu'il faudrait juste accueillir les chrétiens mais pas les musulmans, quand j'entends des leaders politiques suggérer qu'il pourrait y avoir une condition religieuse à l'admission des réfugiés qui fuient la guerre, quand certains de ces gens viennent eux-mêmes de familles qui ont bénéficié de protection quand ils fuyaient la persécution politique, c'est honteux. Ce n'est pas américain. Ce n'est pas ce que nous sommes. Il n'y a pas de condition religieuse à notre compassion.»

En général, les autres candidats républicains sont opposés à l'accueil de réfugiés syriens, comme le sénateur de Floride Marco Rubio qui a expliqué sa position dans un tweet:

Nous ne pourrons pas accepter plus de réfugiés. Ce n'est pas que nous n'avons pas de compassion. Mais nous ne pouvons pas. Il n'y a aucun moyen de vérifier les identités.


Dans un débat télévisé samedi soir, Hillary Clinton, la candidate démocrate en tête des sondages, a réitéré sa position d'accueillir s65.000 réfugiés, mais avec un dispositif sécuritaire important pour vérifier les identités des arrivants. C'est un chiffre nettement plus élevé que la politique actuelle du président Obama, qui prévoit l'accueil de 10.000 réfugiés l'année prochaine.

Slate.fr

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