France

Dessiner son vendredi soir

Slate.fr, mis à jour le 16.11.2015 à 17 h 04

© Milena Denis

© Milena Denis

Vendredi soir, Milena Denis, étudiante en arts appliqués de 24 ans, dîne dans un restaurant africain, le Waly-Fay, rue Godefroy Cavaignac. La rue croise la rue de Charonne. A quelques mètres, la Belle Equipe. Quand des échos de tirs retentissent, personne ne comprend ce dont il s'agit. Milena est très près de la sortie. A travers la vitre du restaurant, elle regarde l'immeuble en face, elle voit un homme à sa fenêtre. «Et il a vu. Je sais pas ce qu'il a vu, mais il a vu et il m'a fait un signe pour qu'on se remette à l'arrière, pour qu'on se mette à l'abri».

Ensuite le patron du restaurant est sorti, il est revenu, il a fermé à clefs, et pendant cinq heures, les clients sont restés enfermés. Quand les premiers sont ressortis la police n'était pas encore arrivée: «ils se sont retrouvés face au massacre». Quand Milena est ressortie la police était là. Et puis elle n'en a pas beaucoup parlé. Et puis dimanche elle a dessiné cet inconnu, à sa fenêtre, dont le geste gratuit a peut-être évité que les clients du restaurant ne s'aventurent dehors trop tôt.

 
 

Je remercie l'inconnu qui m'a fait signe de nous réfugier à l arrière du Waly Fay

Une photo publiée par @lechenapan le

 

 

Une photo publiée par @lechenapan le

 

 

Rue de charonne

Une photo publiée par @lechenapan le

 

A l'issue du massacre au Bataclan, une rescapée avait également évoque sur Facebook la bonté des inconnus de la salle de spectacle, qui lui avaient porté secours. Elle écrivait:

Mais avoir survécu à cette horreur me permet de rendre hommage à des héros. L'homme qui était à côté de moi, qui m'a rassurée et a risqué sa vie pour essayer de me cacher la tête pendant que je pleurais, le couple dont les derniers mots d'amour font que je crois encore à la bonté dans le monde, aux policiers qui sont parvenus à sauver des centaines de personnes, aux inconnus qui m'ont récupérée dans la rue et m'ont réconfortée pendant les 45 minutes où j'étais persuadée que le garçon que j'aime était mort, à l'homme blessé que j'ai pris pour lui et qui, quand j'ai vu que ce n'était pas Amaury, m'a pris dans ses bras et m'a dit que tout allait s'arranger, même s'il était aussi seul et effrayé que moi, à la femme qui a ouvert sa porte aux survivants, à l'ami qui m'a hébergée et est allé m'acheter de nouveaux habits pour que je n'ai pas à garder ce haut maculé de sang, à vous tous qui m'ont envoyé des messages de soutien – vous me faites croire que le monde peut devenir meilleur.

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