France

Salah Abdeslam toujours en fuite

Vincent Manilève, mis à jour le 17.11.2015 à 9 h 48

Quatre jours après les attaques en région parisienne, les enquêteurs ont accumulé de nombreuses informations sur l’identité des terroristes.

À Molenbeek, lundi 16 novembre I  REUTERS/Eric Vidal

À Molenbeek, lundi 16 novembre I REUTERS/Eric Vidal

Vendredi 13 novembre, lors des terribles attaques qui ont fait 129 morts et plus de 300 blessées en région parisienne, au moins huit terroristes s’étaient répartis en trois équipes pour mettre en place des attaques simultanées. Libération parle de l’hypothèse d’une quatrième possible équipe qui aurait servi d’appui logistique. Les enquêteurs sont à la recherche également d’éventuels complices.

Une note avait été envoyée samedi à tous les pays frontaliers dans le cadre de la recherche de la Seat noire finalement retrouvée dimanche 15 à Montreuil. La presse italienne a fait mention lundi 16 novembre d’un certain Baptiste Burgy, qui aurait pu être à son bord. Son rôle à confirmer dans les attentats de vendredi reste pour l’heure non identifié.

En Belgique, une opération a été lancée lundi midi à Molenbeek. Les enquêteurs sont toujours à la recherche de Salah Abdeslam, présent à Paris lors des attentats de vendredi et interpellé avec deux complices près de la frontière belge samedi matin avant d’être relâché, le signalement n’ayant pas été fait à ce moment-là, comme l’explique France TV info. La police a lancé un mandat d’arrêt international ainsi qu’un appel à témoin.

En Syrie entre 2013 et 2014

Quatre jours après les attentats, on en sait un peu plus sur le fil des événements. Composée de trois hommes, une première équipe s’est rendue aux alentours du stade de France. Une première explosion retentit à 21h20 quand l’un des kamikazes se fait exploser rue Rimet. Les deux autres hommes se font sauter à 21h30 et 21h53. Bilal Hadfi, un Français résidant en Belgique, a été identifié par la police. Il était âgé de 20 ans et, selon le Washington Post, il aurait combattu pour Daech alors qu’il était en Syrie, entre 2013 et 2014. Un passeport syrien, retrouvé près du corps d’un autre terroriste, portait le nom d’Ahmad al-Mohammad, un réfugié de 25 ans enregistré à Leros en Grèce. De nombreux responsables doutent de l’authenticité du document mais des empreintes papillaires prélevées correspondraient à celles enregistrées en Grèce.

La deuxième équipe était chargée de s’attaquer à des terrasses de cafés et de restaurants à l’angle de la rue Bichat et de la rue Alibert, dans le Xe arrondissement de Paris, rue de la Fontaine-au-Roi, dans le XIe, puis rue de Charonne, toujours dans le XIe. Entre 21h25 et 21h43, les deux hommes feront au moins trente-neuf morts. L’un d’entre eux s’appellerait Brahim Abdeslam, également français résidant en Belgique. Âgé de 31 ans, il s’est fait exploser dans un bar du boulevard Voltaire, faisant un blessé grave. Selon les autorités, c’est lui qui a loué la Seat noire dans laquelle il s’est déplacé avec son frère Salah Abdeslam dans les rues de Paris.

Le troisième frère de la fratrie,  Mohammed Abdeslam, qui n’aurait pas pris part directement aux attaques, a été placé en garde à vue en Belgique.

Les derniers assaillants pas encore identifiés

Enfin, la dernière équipe, composée de trois hommes, fait irruption dans le Bataclan vers 21h50. Après avoir tué au moins quatre-vingt-neuf personnes, deux d’entre eux vont se faire sauter et la bombe du troisième homme explose lorsque la police l’abat pendant l’assaut. Omar Ismaïl Mostefaï est le premier terroriste à être identifié, grâce à une empreinte relevée sur un doigt arraché. Né le 21 novembre 1985 dans l’Essonne, il avait été condamné huit fois pour des délits de droit commun et faisait l’objet d’une fiche S pour radicalisation:

«Il est néanmoins possible qu’il ait séjourné en Syrie entre 2013 et 2014, explique RTL sur son site. Plusieurs personnes de son entourage, dont son père et son frère, qui nous a affirmé avoir coupé les ponts depuis plusieurs mois, ont été mises en garde à vue samedi 14 novembre.»

Selon l’AFP, le procureur de la République a expliqué lundi matin qu’un des deux autres terroristes présents dans la salle s’appelle «Samy Amimour, 28 ans, né à Paris et originaire de Drancy». Déjà mis en examen en octobre 2012 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, ce dernier n’avait pas respecté son contrôle judiciaire fin 2013 et un mandat d’arrêt international était depuis délivré contre lui.

Reste maintenant à identifier les derniers assaillants, le troisième kamikaze du Bataclan et les deux du stade de France. Ainsi que d’éventuels autres complices.

Dans le cadre de l’enquête, un autre nom est justement apparu, celui de Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attaques. Originaire du quartier de Molenbeek à Bruxelles, ce Belge de 28 ans actuellement en Syrie est bien connu des services de lutte contre le terrorisme puisque son nom appararaît les dossiers de l’attaque du Musée juif de Bruxelles, du Thalys, et de Charlie Hebdo, comme l’explique France TV Info.  Dans une interview en février 2015 au magazine de l’organisation terroriste, Dabiq, il affirmait avoir pu revenir en Belgique pour préparer des attentats.

Vincent Manilève
Vincent Manilève (353 articles)
Journaliste
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