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L’obésité progresse encore aux États-Unis

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 21.11.2015 à 15 h 01

Repéré sur Centers for Disease Control and Prevention, New York Times, ABC News, Los Angeles Times

Malgré tous les efforts de prévention, le taux d’obésité des Américains augmente.

One size fits all | Ralph Aichinger via Flickr CC License by

One size fits all | Ralph Aichinger via Flickr CC License by

Les politiques de lutte contre l’obésité se sont multipliées ces dernières années aux États-Unis, notamment avec les initiatives lancées par Michelle Obama. Mais tout cela n’a apparemment pas été très efficace: d’après un rapport des CDC (Centers for Disease Control and Prevention, c’est-à-dire les centres pour le contrôle et la prévention des maladies) et les données la Nutrition Examination Survey, grande étude nutritionnelle publiée tous les deux ans, le taux d’obésité n’a pas diminué ces dernières années, et a même légèrement progressé.

Comme le rapporte le New York Times, 38% des adultes américains étaient obèses en 2013-2014, une hausse par rapport à 2011-2012 (35% des adultes). En 2003-2004, 32% des adultes étaient obèses…

Les professionnels de santé américains sont découragés et surpris, explique encore le New York Times. Marion Nestle, professeure au département de nutrition, d’études alimentaires et de santé publique à l’Université de New York, commente ainsi:

«La tendance est très malheureuse et très décevante. […] Tout le monde espèrait qu’avec le déclin de la consommation de sucre et de soda on allait commencer à voir une stabilisation de l’obésité adulte».

Il y avait de quoi espérer une baisse de l’obésité, avec l’amélioration progressive du régime alimentaire des Américains. La consommation de sodas a en effet diminué d’un quart depuis la fin des années 1990, et l’apport calorique global a baissé.

Aliments sains

La diététicienne Lisa Cimperman ébauche une explication pour ABC News. Pour elle, les gens ont tenu compte des avertissements à ne pas manger certains produits, mais n’ont pas ajouté d’aliments sains dans leurs régimes alimentaires:

«Le meilleur exemple, c’est le message sur la réduction de la consommation de graisses. Les gens ont réduit leurs apports en graisses, et on remplacé cela par des glucides raffinés, une consommation tout aussi mauvaise qu’un régime riche en graisses.»

Les nouvelles approches, basées notamment sur les produits frais et la nourriture non transformée (et non pas sur la stigmatisation d’un aliment ou nutriment) sont selon elle trop récentes pour déjà montrer des résultats, et il va falloir du temps pour inverser la tendance. 

L’obésité a quand même diminué dans des petits groupes de population, les plus favorisés. L’obésité chez les jeunes n’a pas bougé: 17% des Américains de 2 à 19 ans étaient obèses en 2013-2014, le même taux qu’en 2003/-2004, malgré tout le travail de prévention dans les écoles. Une étude publiée l’année dernière montrait cependant une baisse de l’obésité chez les très jeunes enfants, ce qui peut être un signe encourageant.

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