Marc Trévidic: «L'Etat islamique ne rêve que d'une chose c'est d'attaquer la France»

Quand les attentats du 13 novembre ont eu lieu, Paris Match a ressorti une interview de l'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic menée le 30 septembre et qui semblait, rétrospectivement, prémonitoire. Il y expliquait notamment: 

«Nous sommes devenus pour l'Etat islamique [EI] l'ennemi numéro un. La France est la cible principale d'une armée de terroristes aux moyens illimités. Ensuite, il est clair que nous sommes particulièrement vulnérables du fait de notre position géographique, de la facilité d'entrer sur notre territoire pour tous les djihadistes d'origine européenne, ­Français ou non, et du fait de la volonté clairement et sans cesse exprimée par les hommes de l'EI de nous frapper. Et puis, il faut le dire : devant l'ampleur de la menace et la diversité des formes qu'elle peut prendre, notre dispositif de lutte antiterroriste est devenu perméable, faillible, et n'a plus l'efficacité qu'il avait auparavant. Enfin, j'ai acquis la conviction que les hommes de Daech [acronyme de l'Etat islamique] ont l'ambition et les moyens de nous atteindre beaucoup plus durement en organisant des actions d'ampleur, incomparables à celles menées jusqu'ici. Je le dis en tant que technicien : les jours les plus sombres sont devant nous. La vraie guerre que l'EI entend porter sur notre sol n'a pas encore commencé.

Depuis, l'ancien juge a multiplié les interviews. Dans celle accordée à David Pujadas sur France 2, il précise notamment que quand il était au parquet antiterroriste, les personnes arrêtées «et qui voulaient bien reconnaître les choses» disaient: «L'Etat islamique ne rêve que d'une chose c'est d'attaquer la France, et ils mettront les moyens nécessaires. ». Trévidic poursuit: 

«Le dernier que j'ai vu c'était mi-août et on lui avait demandé de faire un attentat dans un concert de rock. [L'Etat Islamique] a trop de monde, plein de monde, donc ils peuvent faire des attentats kamikazes, ils peuvent perdre des gens, en envoyer autant qu'ils en veulent. (...) Ils ont cette grande capacité que n'a plus vraiment Al-Qaeda de gâcher du personnel». 

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