L'Iran travaille sur des têtes nucléaires depuis 2004

Slate.fr, mis à jour le 30.09.2009 à 15 h 22

Selon le Financial Times en date du 29 septembre, les services secrets britanniques ont obtenu des preuves de l'existence en Iran depuis 2004-2005 d'un programme secret visant à fabriquer des têtes nucléaires. Ils sont persuadés que Téhéran est aujourd'hui proche de parvenir à se doter d'une arme nucléaire opérationnelle.

L'ayatollah Ali Khamenei, le leader suprême iranien, aurait ordonné en 2004-2005 la reprise du programme d'armement nucléaire qui avait été alors mis en sommeil. Selon les services de renseignement britanniques, cela signifie que Téhéran sera capable de se doter d'une arme atomique bien plus rapidement qu'estimé jusqu'alors par les experts occidentaux et notamment américains.

Les services de renseignement américains et notamment la CIA (Agence centrale de renseignements), rendus particulièrement prudents après s'être totalement fourvoyé sur les programmes d'armes de destruction massives irakiens, sont plus circonspects. Ils estimaient dans la Revue annuelle du renseignement (National Intelligence Estimate) que l'Iran a cessé de travailler à la fabrication d'une arme nucléaire en 2003 et n'a pas réactivé son programme avant 2007.

Les services de renseignement britanniques ont toujours été sceptiques sur les conclusions américaines mais n'avaient pas jusqu'à présent affirmé avoir les preuves que le programme iranien d'armement nucléaire a en fait redémarré en 2004-2005.

Cette révélation intervient à la veille de la rencontre jeudi 1er octobre à Genève au siège de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) entre les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, Allemagne, France) et l'Iran au sujet de son programme nucléaire et notamment de la découverte d'une usine secrète d'enrichissement d'uranium enterrée non loin de la ville sainte de Qom.

L'Iran a enfreint les règles de transparence de l'AIEA en ne révélant que le 21 septembre la construction, commencée il y a trois ans et demi, de son nouveau site d'enrichissement d'uranium, a déclaré le directeur général de l'agence onusienne, Mohamed ElBaradeï. Selon les puissances occidentales, les Iraniens n'ont pu faire autrement que de rendre public ce chantier lorsqu'ils ont constaté que ce n'était plus un secret pour plusieurs services de renseignement étrangers.

Mahmoud Ahmadinejad affirme que son pays sortira «sans dommages» de la rencontre de Genève, quelle qu'en soit l'issue. «Les négociateurs peuvent sûrement adopter la politique qu'ils veulent, mais cela ne nous causera aucun dommage», estime le président iranien selon l'agence iranienne Fars. «L'Iran s'est préparé à toutes les situations et notre nation a appris durant les 30 dernières années à se remettre sur pied et à tourner toute situation en sa faveur», a-t-il ajouté.

[Lire l'article complet sur The Financial Times]


Lire également: Pourquoi Israël attaquera l'Iran, Surprise: l'Iran ment! et Les risques d'une attaque israélienne contre l'Iran.

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Image de Une: Missile iranien  Reuters

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