Santé

Don du sang: la véritable urgence est à venir dans les prochains jours

Temps de lecture : 2 min

En Île-de-France, les stocks étaient suffisants pour faire face à l'urgence. Il faudra maintenant les reconstituer.

REUTERS/Thomas Mukoya
REUTERS/Thomas Mukoya

Comment gérer au plus juste un mouvement de solidarité biologique? Quelques heures après les attentats un appel à la générosité nationale a été lancé pour le don du sang ( #DonDuSang ), une initiative soutenue notamment par une association de donneurs bénévoles (dondusang.paris).

Ces appels ont été très largement entendus. Ainsi dans la matinée du samedi 14 novembre, les services de l'Établissement Français du Sang (EFS) faisaient savoir que la totalité des centres de don d'Île-de-France étaient débordés par l'affluence.

«Ce matin dix-neuf centres ont ouvert et les dix-neuf sont débordés par l'afflux de Parisiens et de touristes venus spontanément donner leur sang, expliquait Djamel Benomar, directeur de la collecte du sang pour l'EFS. Si l'EFS a pu faire face à la situation d'hier soir, c'est parce que les Parisiens donnent leur sang de manière quotidienne et que les stocks étaient en quantité suffisante.»

Dans le même temps, l’EFS appelle la population à se mobiliser dans la durée, dans les prochains jours et les prochaines semaines.

Le sang prélevé n'est pas transfusé directement

Comment comprendre que l’on puisse refuser un don? Il faut, pour cela, quelques explications. Après un don de sang, les trois principaux composants sanguins –plaquettes, plasma et globules rouges– sont séparés, stockés et utilisés de manière diversifiée en fonction des besoins des malades. En pratique, on prélève entre 400 et 500 ml de sang chez un donneur: le volume prélevé est ajusté en fonction de son volume sanguin circulant. Il existe d’autres formes de don, dits «par aphérèse» (ou «plasmaphérèse»), qui font appel à une technique plus spécialisée: au moyen d’un séparateur de cellules, les différents composants sanguins sont triés. Seul celui dont on a besoin est prélevé et les autres sont restitués au donneur.

Le sang recueilli lors des dons n’est jamais transfusé directement au patient. Après avoir été prélevé à un donneur, il va être qualifié et préparé avant d’être distribué aux hôpitaux et aux cliniques. Il sera ensuite transfusé à des patients. Or, les globules rouges concentrés (ou «culot globulaire») ne peuvent être conservés très longtemps (un maximum de quarante-deux jours) ce qui limite en pratique leur stockage et leur utilisation différée et programmée à distance.

C’est ce qui explique les appels répétés des autorités transfusionnelles lors des périodes où les donneurs se font moins nombreux. Il n’en va pas de même pour le plasma qui peut être conservé sur de plus longues périodes. À l’inverse les plaquettes ont une durée d’utilisation très brève (un maximum de cinq jours).

Services débordés

Dans la matinée du 14 novembre, les responsables transfusionnels parisiens ont, faute de lits et d’infirmiers disponibles, vite été débordés par l’afflux de donneurs. Et ils ont très vite fait le plein de leur besoins en globules rouge des différents groupes sanguins. Il existe en permanence pour l’Île-de-France un stock d’environ 13.000 poches de globules rouges pour une consommation moyenne d’environ environ 8.000 poches par semaine.

Cette situation permet de faire face à toutes les urgences; et elle a permis de pallier le brutal accroissement des demandes dès la soirée du vendredi. La priorité est désormais donnée à la reconstitution des stocks et les donneurs sont invités, dès la semaine prochaine, à manifester leur solidarité biologique.

Jean-Yves Nau Journaliste

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