France

Comment François Hollande a appris les attentats en région parisienne

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 14.11.2015 à 18 h 02

Repéré sur Le Monde, Le Point, Libération

Après les premières explosions, le président de la République a dû quitter le Stade de France en urgence et en toute discrétion.

Au Stade de France, pendant l'évacuation | REUTERS/Gonazlo Fuentes

Au Stade de France, pendant l'évacuation | REUTERS/Gonazlo Fuentes

La soirée avait pourtant bien commencé. Pendant les premières minutes de cette rencontre amicale, le vendredi 13 novembre, l'équipe de France domine l'Allemagne. Les tribunes sont pleines et l'ambiance détendue parmi les nombreuses familles et groupes d'amis venus assister au match. Dans l'une des loges officielles, François Hollande, le président de la République, apprécie le match, accompagné de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, et de Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand des Affaires étrangères.

À 21h20, peu de temps après le coup d'envoi, une première détonation se fait entendre dans les travées du Stade de France, suivie d'une autre moins forte, quelques minutes plus tard. Le public ne se doute de rien pour le moment. Des pétards, pense-t-on. Sur la pelouse, le match suit son court, les chants de supporters aussi et Olivier Giroud ouvre le score pour l'équipe de France avant la mi-temps. 

«François Hollande comprend tout de suite»

À 21h36, dans la tribune présidentielle, Bernard Cazeneuve reçoit un coup de fil. Il est prévenu par le préfet de police de Paris que les explosions entendues quelques minutes auparavant ne sont pas accidentelles. Dehors, les attaques ont fait quatre morts, dont trois assaillants dans des actions kamikazes. Tout se précipite alors. Dans la crainte qu'une attaque se produise à l'intérieur du stade, la décision d'exfiltrer François Hollande et le ministre du stade ne traîne pas. Avant de partir, le président de la République s'arrête au PC de sécurité afin d'effectuer les premières constatations, rapporte Libération.

«François Hollande comprend tout de suite», assure au Point un membre de son entourage. Le Point raconte la scène:

«Le président se tient debout, derrière les vitres du PC du Stade de France. Il écoute les dernières informations au téléphone, le regard vaguement tourné vers le terrain de football. Plus bas, la première mi-temps du match France-Allemagne se poursuit. Surréaliste. Mais le président est ailleurs. Il pense déjà aux lendemains qui s'annoncent terribles pour la France.»

Peu après, François Hollande et Bernard Cazeneuve prennent la décision de quitter la Seine-Saint-Denis et le Stade de France, entourés d'une large escorte de voitures officielles, pour rejoindre l'Élysée. «Compte-tenu de la gravité de ce qui se passait, leur place était au ministère de l’Intérieur dans la cellule interministérielle de crise», explique l'entourage du président à l'AFP

Un coup de fil à Nicolas Sarkozy

Alors que le cortège présidentiel roule vers Paris, au Stade de France, le match continue, comme si de rien n'était, écrit Le Monde:

«Pour éviter toute panique, les autorités ont décidé de ne pas interrompre le match, mais l’équipe logistique voit arriver les premiers blessés, soignés en première urgence. Dans les tribunes, de nombreux journalistes venus suivre la rencontre commencent à recevoir des informations stupéfiantes: non seulement les deux explosions que tous ont entendues étaient des bombes, mais d’autres attentats sont en cours, au cœur de Paris.»

Après un passage au ministère de l'Intérieur, place Beauvau, un conseil des ministres exceptionnel est convoqué d'urgence à l'Élysée, en présence notamment de Marisol Touraine, la ministre de la Santé, de Christiane Taubira, le ministre de la Justice, et de Manuel Valls, le Premier ministre. C'est aux alentours de minuit que François Hollande prend la parole à la télévision. Une fois l'intervention terminée, il retourne au ministère de l'Intérieur, où est installée la cellule de crise. 

Après s'être entretenu au téléphone avec le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, le président du Sénat, Gérard Larcher et le président du parti Les Républicains Nicolas Sarkozy, rapporte Le Point, François Hollande décide de reprendre la parole à la télévision, prononçant une déclaration lors de laquelle il parlera d'un «acte de guerre».

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