France

Des attentats bien coordonnés et longuement préparés

Christophe-Cécil Garnier, mis à jour le 15.11.2015 à 9 h 07

Quelle était l'infrastructure logistique pour mettre en place une telle opération et le degré d'entraînement des tueurs?

Paris, le 14 novembre 2015 I REUTERS/Gonzalo Fuentes

Paris, le 14 novembre 2015 I REUTERS/Gonzalo Fuentes

Vendredi 13 novembre 2015, des attentats sur six lieux différents dans Paris et en Seine-Saint-Denis ont causé la mort de 128 personnes, selon un premier bilan provisoire. Cet attentat, le plus meurtrier en France, a été perpétré par au moins huit terroristes.

Sept d'entre eux ont fait usage d'un gilet explosif composé de péroxyde d'acétone, ou TATP. L'utilisation de ceintures explosives témoigne d'une véritable préparation de la part des tueurs. Cet explosif, quoique très instable, est puissant et peut être créé à partir de produits comme l'acétone ou l'eau oxygénée, qui sont en vente libre dans le commerce. 

Sur Europe 1, René-George Querry, ancien chef de l'unité de coordination de lutte antiterroriste (Uclat), a estimé que l'emploi de ces engins explosifs montre «un stade supérieur de la violence». Selon lui, les terroristes acquièrent une «expérience de plus en plus meurtrière» et «tirent les leçons du passé».

Quel était le degré de préparation des terroristes?

Pour l'ancien chef de l'Uclat le fait que les terroristes aient également opéré à plusieurs de façon simultanée, un mode opératoire courant de Daech, prouve que ce ne sont pas des «loups solitaires» comme dans les cas des frères Kouachi ou d'Amedy Coulibaly en janvier: 

«On se disait: “c'est ponctuel, conjoncturel, marginal. Cette fois on a affaire à une équipe d'au moins huit personnes (…). Effectivement, nous sommes maintenant passés dans une autre dimension».

Selon les premières constatations qui ont eu lieu dans la soirée de vendredi, les kamikazes au Stade de France ont également utilisé des boulons avec leurs ceintures d'explosifs. Ce mode opératoire permet de faire plus de victimes.

Quel était l'armement des terroristes?

Selon les témoignages récoltés par les différents médias présents sur place, les terroristes semblaient très lourdement armés. Un policier a décrit, selon l'Obs, «des mecs ultra-déterminés et équipés d'armes de guerre». Le préfet de police de Paris Michel Cadot a également indiqué que lors des attaques dans le Xe arrondissements, les «assassins» ont «balayé avec des mitraillettes plusieurs terrasses de café».

De plus, France TV Info explique qu'un témoin de l'attaque rue de Charonne a vu «trois hommes cagoulés» sortir d'une voiture aux vitres teintées avec «des armes lourdes».

De nombreux témoignages pointent l'utilisation par les terroristes de fusils d'assaut de type AK-47. The Daily Beast a expliqué après l'attaque d'où de telles armes pouvaient provenir, alors que la France est un pays à la législation très strictes envers les armes.

Les terroristes semblaient également être très bien équipés en munitions. «Ils avaient des chargeurs plein les poches», a déclaré un témoin oculaire sur France Info. La capacité d'un chargeur d'AK-47 est de trente balles alors que l'arme d'origine russe possède une fréquence de tir de 600 balles par minute, pour un poids supérieur à quatre kilos. Selon plusieurs site d'armement (dont celui-ci), un chargeur d'AK-47 coûte environ cinquante euros.

Christophe-Cécil Garnier
Christophe-Cécil Garnier (63 articles)
Journaliste à Slate.fr
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