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Comment les réseaux sociaux ont couvert les attentats du 13 novembre

Capture écran de l'un des premiers tweets mentionnant l'attaque du Bataclan. Via Twitter.

Capture écran de l'un des premiers tweets mentionnant l'attaque du Bataclan. Via Twitter.

Les réseaux sociaux ont une fois encore joué un rôle très important dans la diffusion de l'information. Quitte à diffuser des rumeurs infondées.

Comment souvent depuis quelques années, la couverture des événements en live passe par avant tout par les réseaux sociaux. Avec les six attaques menées à Paris et près du stade de France (provoquant la mort de 128 personnes), un nombre impressionnant de contenus, des photos et vidéos, a été mis en ligne dans les minutes et les heures qui ont suivi les attentats. Et comme lors des attentats de janvier dernier, tout est parti de messages postés par des anonymes sur Twitter. 

Tout passe par Twitter (ou presque)

Un peu avant 21h30, plusieurs explosions retentissent à l’extérieur du stade de France. Dans les tribunes comme sur internet, beaucoup de personnes pensent qu’il s’agit de pétards, même si certains sont déjà inquiets à l’idée d’un possible attentat étant donné le climat qui règne en France depuis le 7 janvier.

Concernant les fusillades dans la capitale, beaucoup de personnes ont d’abord eu du mal à croire qu’il s’agissait bien de coups de feu où à déterminer leur provenance exacte. Benoît Tabaka, présent sur place, a été l’un des premiers à évoquer avec certitude l’attaque au Bataclan.

Dans la salle même, l’un des spectateurs va réussir à poster un statut sur Facebook pour lancer un appel à l’aide et donner des informations sur ce qu’il se passe. 

Via Facebook

Après coup, de nombreux témoins ou passants se sont rapidement saisi de leur smartphone et ont publié des photos et des vidéos des différents lieux de l’attaque, à commencer par les explosions du stade de France, retransmises en direct à la télévision. 

 

Estomaqué #paris #fusillade #bataclan #otages #stadedefrance #explosion

Une vidéo publiée par Leo (@leoemerald) le

 

L’application Periscope de Twitter, qui diffuse en direct sur internet ses vidéos, a également été utilisée par certains témoins, jouant là le rôle de journaliste. Par exemple, l’un d’entre eux, qui se présente comme journaliste dans la vidéo, va interviewer lui-même les gens qu’il croise et donner des informations sur le bilan et le dispositif de sécurité autour des lieux attaqués. En remontant les fils Twitter, on retrouve même le live Periscope d’une personne présente dans la salle du Bataclan et qui diffusait le concert quelques minutes à peine avant l’attaque

Il est aussi intéressant de noter que Twitter a utilisé sa nouvelle fonction Moment pour agréger de nombreux contenus (en anglais) qui permettent de suivre le déroulement des événements grâce à des sources sûres comme Associated Press ou l’AFP. 

Ce 14 novembre, un journaliste du Figaro rapporte qu'il y a eu presque autant de messages sur Twitter avec le mot-clé #PrayforParis en dix heures qu'en quelques jours après l'attentat à Charlie Hebdo.

Après les réseaux sociaux, Google

Au-delà des réseaux sociaux, les Français ont vite cherché à trouver des explications sur des mots qu’ils ont ont pu lire ou entendre dans les médias. Il est très intéressant de regarder la courbe des mots-clefs suscitant le plus d’intérêt sur Google Trends. On y voit que les recherches suivent le déroulement chronologique des informations: d’abord les explosions au stade de France, puis les fusillade dans différents lieux de Paris, et enfin l’attaque du Bataclan, dont la violence et le tragique bilan vont capitaliser l’essentiel de l’intérêt des internautes.

Impression écran de Google Trends (on distingue nettement l’évolution du lexique employé pour chercher des informations sur l’attaque).

Comme en janvier, les rumeurs ont vite fait leur retour

Mais, face à l’urgence et le déferlement d’informations encore non vérifiées, et de la même façon que lors des attentats de janvier dernier, certaines rumeurs vont rapidement émerger sur les réseaux sociaux. Beaucoup ont relayé des images d’un incendie qui a eu lieu la même nuit dans la jungle de Calais, affirmant par exemple parfois qu’il y avait un lien avec les attaques de Paris ou se demandant s’il s’agissait de représailles racistes.

 

Incendie à la jungle en ce moment !!!

Posté par Les Calaisiens en Colère sur vendredi 13 novembre 2015

Mais, comme l’explique France Info, s’il y a bien eu un incendie, son origine était d’origine électrique et n’avait aucun lien avec les attentats. Une autre rumeur, beaucoup plus rocambolesque, concernait un soi-disant message publié quelques minutes avant les attaques sur l’un des forums du site jeuxvideo.com. 

Sauf que, comme l’explique un journaliste de Libération, ce message a été modifié grâce à une simple manipulation dans le code HTML de la page. 

On peut aussi signaler l’émergence d’un compte Twitter que beaucoup ont estimé être celui de l’un des tireurs des attaquesLà encore, il s’agit d’un compte créé juste après les attaques, qui tentait d’usurper les photos et l’identité d’un autre utilisateur de Twitter ayant fait des blagues parfois douteuses par le passé. 

Enfin, on peut signaler que cette tragique journée souffrait aussi d’une caractéristique aggravante: il s’agissait d’un vendredi 13, symbole de malheur pour un grand nombre de personnes, qui ont alors vu dans cet attentat le climax d’une journée tragique qui ne devait, apparemment, rien au hasard. 

 

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