France

Après les attentats, le cirque politique va être de sortie

Temps de lecture : 2 min

Le discours politique dans ce genre de circonstances est rodé. Et dangereux.

Près du Bataclan, une victime, à Paris, le 14 novembre 2015. REUTERS/Christian Hartmann
Près du Bataclan, une victime, à Paris, le 14 novembre 2015. REUTERS/Christian Hartmann

Nous allons avoir la classe politique nationale qui, dans un bel unanimisme, va 1) apporter ses condoléances compassionnées pour les victimes, 2) saluer le courage des forces de l’ordre, 3) réclamer des mesures fermes et intraitables contre le terrorisme, et 4) s’écrier au bout de quelques jours qu’il ne faut pas hésiter à restreindre les libertés des citoyens pour assurer leur sécurité. De 1 à 3 tout va bien,;à l’étape 4, c’est un problème.

Bien évidemment, si d’aventure les terroristes se revendiquent de l’islam, alors nous aurons le concert habituel de sommations envers les musulmans en général, les imams en particulier, pour qu’ils se désolidarisent des attentats. C’est aussi crétin et insultant que d’exiger d’un chrétien américain qu’il se désolidarise des attentats du Ku-Klux-Klan, qui se revendiquait du christianisme, mais peu importe.

Par ailleurs, le Premier ministre Manuel Valls répètera en boucle qu’il faut faire preuve d’autorité et de fermeté pour défendre la République en danger. Problème: les forces de police et l’armée sont déjà surmobilisées dans ce qu’on appelle les «servitudes», c’est-à-dire faire les plantons devant toutes sortes de bâtiments; et la loi renseignement a déjà légalisé de nous mettre tous sur écoute. Il n’y a donc rien à faire de plus sur le territoire national. L’hypothèse la plus probable sur la communication gouvernementale prévisible, c’est par conséquent l’esbroufe: annoncer des mesures renforcées qui seront, en fait, le maintien de ce qui existe déjà.

Pendant ce temps, j’insiste sur le fait que les seules mesures vraiment profondément efficaces contre le terrorisme musulman intégriste ne seront rigoureusement pas prises. Ce gouvernement ne cherchera pas à identifier les vrais coupables, c’est-à-dire ceux qui financent, entraînent et endoctrinent les terroristes. Il s’agit là de circuits de financement, de logistique, de structures d’endoctrinement. Tout cela peut être identifié. Puis, dès lors que l’ennemi est connu, des actions deviennent possibles, et évidentes.

Néanmoins, au lieu de chercher sérieusement qui finance, qui entraîne, qui endoctrine, pour s’attaquer à cet ennemi, nous allons vraisemblablement assister, comme après le 11-Janvier, à des mesures grandiloquentes de type Vigipirate, à des lois réduisant nos libertés individuelles alors que nous n’y sommes pour rien, et à la stigmatisation stupide des Français de confession musulmane.

Au bout du compte, ces attentats et leurs conséquences auront donc été la double victoire des financeurs de l’obscurantisme armé et de la stupidité.

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