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En France, la menace terroriste a changé

Paris, le 13 novembre 2015 I REUTERS/Christian Hartmann

Paris, le 13 novembre 2015 I REUTERS/Christian Hartmann

Le mode opératoire des attaques du 13 novembre à Paris est inédit en France.

«Les attaques de Paris sont une volonté de terroriser des civils.» Les mots sont du président Barack Obama, qui a fait une déclaration quelques dizaines de minutes après les attaques menées simultanément dans les rues de la capitale française le 13 novembre et qui ont provoqué la mort de plus d’une centaine de personnes.

Contrairement à l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo le 7 janvier, les tueurs ont visé des cibles moins «symboliques», cherchant, selon les premières observations, à tuer le plus grand nombre de civils possible dans des lieux très variés –stade de France, Bataclan, etc. De plus, selon Radio France, au moins deux des explosions entendues autour du stade de France ont été l’œuvre de kamikazes. C’est une première sur le territoire français, précise l’agence de presse. Les attentats de ces dernières années, ceux de janvier, mais aussi en 1982 rue des Rosiers, en 1986 rue de Rennes, en 1995 à la station Saint-Michel et en 1996 à la station Port-Royal étaient provoqués par des bombes ou des tireurs, mais jamais par des attentats-suicides.

«Ce que les terroristes veulent, c’est nous faire peur, nous saisir d’effroi. Il y a de quoi avoir peur, mais il y a face à l’effroi une nation qui sait se défendre, qui sait mobiliser ses forces et qui sait se mobiliser face à des terroristes», a déclaré François Hollande.

La France a été attaquée pendant trois heures

Comme première réponse face un changement de la nature de cette attaque terroriste «d’une ampleur sans précédent», selon les mots du président français, les autorités ont annoncé plusieurs mesures inédites depuis plusieurs dizaines d’années en France, dont la proclamation de l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire et la fermeture des frontières. Ces deux mesures exceptionnelles ont rarement été mises en place par le passé. L’état d’urgence a été déclaré en Algérie à plusieurs reprises entre 1955 et 1961.

«Lors des précédents attentats en France, une bombe explosait et on en restait là. Ce soir, la France a été attaquée pendant trois heures. [...] Ce nouveau type de mode opératoire oblige les forces d’interventions à intervenir avant même la fin de l’attaque, a souligné Frédéric Gallois, ancien patron du GIGN, sur la chaîne i>Télé. On a changé dans la symbolique des cibles. On est aujourd’hui sur des cibles symboliques qui touchent toutes les strates de la population. [...] Les attaques de janvier visaient des Français pour ce qu’ils faisaient, des caricatures sur l’islam.»

François Hollande a dénoncé plus tard dans la nuit «la volonté de tuer le plus possible».

Le mode opératoire de l’attaque, jamais vu en France, rappelle cependant l’assaut mené par dix militants islamistes à Bombay, en Inde, entre le 26 et 29 novembre 2008, qui avait provoqué la mort de 173 personnes. 

Mais la phrase qui résume peut-être le mieux cette nuit d’horreur pourrait être ce tweet publié sur le compte de deux anciens journalistes de Libération, surnommés «les Garriberts»:

Correction: une première version de l’article indiquait que l’attentat de Charlie Hebdo avait eu lieu le 11 janvier et non le 7.

 

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