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Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg analysent la montée de l'extrême droite en Europe

Capture d'écran de la vidéo.

Les deux chercheurs de l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès présentaient pour la Cité des livres leur dernier ouvrage.

Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg ont présenté leur dernier ouvrage, Les Droites extrêmes en Europe, lors de la dernière Cité des livres, un évènement organisé par la Fondation Jean-Jaurès, Slate.fr, et le site France culture plusLes deux spécialistes de l’extrême droite font tous les deux partie d'un observatoire de la Fondation, l'Observatoire des radicalités politiques. L’un, Jean-Yves Camus, dirige cet observatoire, et est chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). L’autre, Nicolas Lebourg, est chercheur rattaché au Centre d'études politiques de l'Europe latine (CEPEL).

La rencontre était l’occasion de donner une définition du concept («réaction hostile aux transformations des rapports État-société dans le cadre de la globalisation») et de revenir sur différentes questions: quelle est la spécificité de l’extrême droite en Europe, par rapport aux États-Unis? Quelle est l’importance de la globalisation dans la formation de partis et mouvances d’extrême droite? Comment éclairer les points communs et les différences entre islamisme radical et extrême droite? Et comment analyser les emprunts méthodologiques de part et d’autre? Pourquoi l’extrême droite croît-elle en Europe aujourd’hui? Et pourquoi est-elle absente dans certains pays européens?

Le problème de l’indifférenciation politique

Les deux chercheurs ont mis l’accent sur les différences entre courants (national-populisme, fascisme…) et distingué quelques grandes phases de l’histoire de l’extrême droite, puisque comme l’a souligné le chercheur Nicolas Lebourg, «les renouvellements de l’extrême droite se font par rapport aux bouleversements géopolitiques» (1870, 1918, 1945, 2001).

Mais surtout, la montée des extrêmes  dans de nombreux pays d’Europe serait due, selon Jean-Yves Camus, à une indifférenciation politique, résumée aujourd’hui en France sous le vocable «UMPS». «Le fait d’avoir des repères clairement à gauche et clairement à droite aide beaucoup à contenir le phénomène», explique le chercheur. Il serait donc urgent, si d’aventure leur objectif est bien de contrer cette montée, que les partis dits «républicains» regardent enfin de l’autre côté des frontières ce qui s’y passe, et fassent un peu de politique comparée.

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