A quoi pense-t-on juste avant d'être exécuté?

Slate.fr, mis à jour le 30.09.2009 à 12 h 49

On compte aux États-Unis entre 30 et 60 exécutions par an. En 2008, le pays occupait la 5éme place mondiale des pays pratiquant des mises à mort légales. La plupart des condamnés américains ont été reconnus coupables d'un crime de sang et possèdent un casier judiciaire en général déjà chargé. L'État du Texas a exécuté 441 criminels depuis 1982, et publie un décompte détaillé et consultable en ligne, rapporte le journal britannique Daily Mail. On y trouve les noms, les matricules, les condamnations, les origines ethniques et depuis peu, les dernières paroles prononcées par les exécutés dans les secondes précédant leur décès.

On apprend que beaucoup pensent à la rédemption, à l'amour, à leurs proches. Certains condamnés ne reconnaissent leurs crimes qu'aux derniers instants, cherchent la rédemption; d'autres ne regrettent rien, jusqu'au dernier moment. La plupart d'entre eux clament tout de même leur innocence. Les gardiens sont souvent évoqués, parfois accusés de commettre un crime ou avertis des retrouvailles prochaines, «en enfer, de l'autre coté».

Virgil Martinez, sait qu'il va mourir a 41 ans, condamné pour avoir abattu quatre personnes par balles. Il s'adresse à la sœur de l'une des victimes pour refaire une dernière fois le procès, revivre encore le moment du crime: «On t'a dit des mensonges. John Gomez a tué tes enfants et ta sœur. Vous l'aimez mais c'est un homme violent. J'aurais voulu l'en empêcher, lui tirer une balle dans la jambe... »

Certains acceptent leur sort et légitiment la sentence, comme Franck Moore, le 425éme exécuté texan. A 49 ans, le matricule 999 210 voulait en finir. Il est mort le 21 janvier 2009: «L'exécution légale d'auto-défense n'est pas un meurtre légal». Il remercie les siens, sa paroisse. Au dernier soupir il appelle sa mère.

David Martinez, 36 ans, matricule 999 173 a été condamné pour des agressions sexuelles, et mis à mort pour les meurtres de sa compagne Carolina et de son fils de 14 ans, des faits qu'il a niés. Ce n'est qu'au dernier moment qu'il reconnaît ses crimes, face à l'assemblée qui le regarde mourir: «Aucune de mes paroles ne pourra changer le passé. Je demande le pardon, les excuses sont inutiles. J'espère qu'un jour vous trouverez la paix. […] Je suis tellement désolé de ne rien pouvoir changer».

D'autres encore, comme Billy Vickers, exécuté le 28 janvier 2004, tentent au dernier moment de décharger leurs complices. «Ils ne savaient pas que j'avais été payé pour tuer le type.[ …] Et le jeune qui a pris perpétuité, il pensait que ce n'était qu'un banal braquage, il ne serait jamais venu sinon. C'était mon gagne pain, Il fallait bien vivre. Il n'y avait rien de personnel dans tout ces crimes. Je crois avoir participé à 12 ou 14 affaires comme celle ci, je ne sais plus. [...] Je suis désolé, c'est tout ce que j'ai à dire».

Certains condamnés clament leur innocence, à juste titre. C'est le cas de Cameron Willingham, décédé en février 2004, après 12 ans passés dans le couloir de la mort. On l'a accusé d'avoirt incendié son domicile, dans lequel sont mortes ses deux filles. «La seule chose que je souhaite déclarer, c'est que je suis innocent. J'ai été persécuté 12 années durant pour un crime que je n'ai pas commis. Maintenant, il ne me reste qu' à partir» affirme t-il, avant que la censure ne coupe les blasphèmes qui s'en suivent. Cinq ans après sa mort, le journal the New Yorker a déterminé que rien ne prouvait formellement sa culpabilité.

Trois cent personnes attendent d'être exécutées dans les prisons texanes, et 18 l'ont été depuis le début de cette année. La publication des derniers mots des condamnés intervient quelques jours après le report de l'exécution de Romell Broom dans l'Ohio. Les veines de ce dernier ne permettent pas une injection létale pour le moment.

[Lire l'article complet sur The Daily Mail]

Photo de Une: Amnesty International/Robert Priseman/Flickr

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