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La traversée à canot vers la Grèce, dessinée par une enfant de 5 ans

Capture d'écran Facebook

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«Help Me» peut-on lire notamment sur l'œuvre d'une fillette arrivée dans un camp de réfugiés sur l'île de Leros.

Un canot vide ridiculement petit, muni d'un moteur, mais vide. Des corps à la mer criant «Help me». Deux rives. Sur la côte baptisée «Yunan» (la Grèce pour les Afghans, les Syriens ou les Iraniens), deux gilets de sauvetage sont échoués. Sur la rive turque, le corps d'un enfant gît face contre terre, vêtu d'un T-shirt rouge et d'un short bleu, comme comme celui du petit Aylan Kurdi retrouvé mort sur une côte turque le 2 septembre.

C'est ainsi qu'une fillette a dessiné la traversée de la Turquie vers la Grèce à son arrivée dans un camp de réfugiés de l'île de Leros. La photo a été partagée par Alex Beckett, un photographe britannique, sur la page Facebook d'un groupe de soutien d'aide aux migrants arrivés sur cette île grecque. Il y explique que des bénévoles ont organisé des ateliers de dessins pour les enfants. La fillette serait âgée de 5 ans. Si on ignore de quel pays elle vient, on sait qu'à Leros arrivent essentiellement des familles irakiennes, syriennes ou afghanes.

Mares de sang et kalachnikovs

Le photographe précise également que si la petite fille a écrit «aidez-moi» en anglais et non dans sa langue maternelle, c'est parce qu'avant d'embarquer sur les canots de fortune, on apprend aux enfants à demander du secours en anglais en cas de naufrage.

Il ne s'agit pas là du seul dessin d'enfant illustrant la crise des réfugiés. Les ONG présentes dans les camps de migrants ou les zones de conflits invitent régulièrement les enfants à raconter leur histoire par ce biais. À Damas, l'agence d'aide Cafod avait encouragé les enfants syriens à dessiner leurs «craintes pour l'avenir». Sur les feuilles blanches, point de soleil, de fleurs, ou de famille unie, comme on peut le voir habituellement sur les dessins d'enfants, mais des mares de sang, des kalachnikovs et des pierres tombales.

En septembre 2015, un photographe du Wall Streel Journal avait lui recueilli les dessins d'enfants bloqués dans une gare hongroise. On y découvrait notamment le dessin de Hadi, un petit Afghan de 10 ans.

Police entouré d'un cœur

Mais le dessin d'enfant réfugié qui a eu le plus de retentissement est incontestablement celui d'un petit Syrien dont on ne connait ni l'âge ni le nom. L'œuvre, crayonnée pendant les heures d'attente dans un centre d'enregistrement allemand proche de la frontière autrichienne, avait été dévoilée par la police bavaroise sur son compte Twitter après que l'enfant a offert son dessin à un policier.

À gauche de la feuille, l'enfant avait dessiné son quotidien en Syrie, où règne le chaos de la guerre. À droite, il avait illustré l'Allemagne, pays d'exil choisi par ses parents, avec une maison accueillante, le drapeau allemand et le mot police entouré d'un cœur.

En France, un début de scolarisation

Chacun de ses dessins a mis en lumière l'exode des enfants, et la necessité de prendre en charge psychologiquement ceux qui sont parvenus à gagner l'Europe ou les camps jordaniens, libanais ou turcs. En France, à Cergy, les bénévoles de Médecins du monde ont mis en place des cellules psychologiques pour ces enfants et se servent notamment du dessin pour leur permettre de raconter la violence vécue dans leur pays d'origine mais aussi pendant leur parcours migratoire. La scolarisation de certains d'entre eux a également été permise avec un dispositif permettant l'apprentissage du français.

Pourtant, il convient de rappeler que malgré quelques initiaves sporadiques, les conditions de vie des enfants réfugiés restent extrêmement inquiétantes, notamment dans les pays voisins de la Syrie, où l'on estime qu'un réfugié sur deux est un enfant.

Une main d'œuvre exploitée

La plupart d'entre eux ne sont pas scolarisés et ne bénéficient pas d'un accompagnement psychologique. Mais plus grave encore, ces enfants représentent aujourd'hui une main d'œuvre à bas prix. En Jordanie, par exemple, «près de la moitié des enfants des réfugiés syriens sont les principaux soutiens de leur famille». Et pour cause, seul 1% des adultes réfugiés en Jordanie a obtenu un permis de travailler.

Dans les rues de Beyrouth, au Liban, les garçons cirent les chaussures, les petites filles vendent des roses ou des mouchoirs. Une situation dramatique qui est loin d'être l'apanage de ces pays. D'après la Cimade, un enfant afghan de 12 ans est resté seul dans la jungle de Calais après que son père et le reste de sa famille ont été embarqués pour le CRA de Toulouse.

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