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Quand certains demandent la Lune, d'autres la vendent

La lune se lève | Halfrain via Flickr CC License by

La lune se lève | Halfrain via Flickr CC License by

Sans complexe, une foule d'originaux a déjà revendiqué la propriété du satellite naturel de la Terre et y a vendu des parcelles. Cela ne coûte rien et ça peut rapporter beaucoup.

La légende prend place en 1756 alors que la guerre de sept ans ne fait que débuter. Un paysan moitié «rebouteux» reçoit la visite du roi de Prusse Frédéric II, atteint de la goutte. Les soins de ce guérisseur nommé Aul Jürgens ont un tel effet que Frédéric II peut ensuite voler de victoire en victoire. Reconnaissant, il accorde à Jürgens et à ses descendants la propriété de la Lune. C’est en tout cas une des histoires rapportées par Atlas Obscura qui s’intéresse à la longue liste (et certainement non exhaustive) des Terriens réclamant ou ayant réclamé un jour la souveraineté de la Lune.

Et il y en a de toutes sortes. Dennis Hope, le bien nommé, fait partie des malins qui cherchent à vendre des parcelles lunaires (et pas seulement) via son Ambassade lunaire. À 20 dollars la parcelle, et à raison de 611 millions d’acres «vendus» à ce jour, il pourrait bien être un heureux multimilliardaire aujourd'hui (plus de deux milliards de dollars). Il va sans dire qu’il n’offre à ses clients qu’un titre de propriété de sa fabrication. Son initiative mercantile est pourtant en contradiction avec certaines clauses du traité de l’espace ou encore du traité lunaire (tous deux préparés par l’ONU) qui stipule «qu’aucun être naturel» ne peut se dire propriétaire de la Lune.

Parmi les innombrables bâtisseurs d’empires lunaires virtuels, on remarque James T. Mangan qui fonde en 1949 Celestia, entité regroupant l’ensemble de l’espace (littéralement de l’espace car les planètes étaient déjà prises, revendiquées depuis 1936 par un certain Lindsay). Mangan assure d’ailleurs à l’époque que onze nations ont reconnu «de manière informelle» sa Celestia dont le Royaume-Uni, les États-Unis et l’URSS. Joli coup en pleine Guerre froide.

Mauvais calunar

Et puis, il y a les poètes, comme Jenaro Gajardo Vera, un Chilien qui réussit à se faire décerner en 1953 un certificat de possession de la Lune. Une histoire (évidemment fausse) assure que Richard Nixon était venu lui demander sa permission pour l’atterrissage d’Apollo 11.

On retient encore Robert Coles qui, à partir de 1955, brade des parcelles de la lune pour un dollar: en bonus, il propose des plages privées au bord de la mer de la Tranquillité ou un forfait pour skier sur les alpes lunaires. Un canular, ou plutôt un «calunar» que certains de ses 4.500 clients ont bien sûr pris au sérieux.

Il y a enfin cet homme arrêté au Brésil en 1969 pour avoir négocié des terrains sur l’astre autour de 25 dollars. Pour sa défense, il explique alors que ses premiers acheteurs étaient Neil Armstrong et Buzz Aldrin et que leur expédition sur la lune n’était en fait qu’un tour du propriétaire.

Mais l’article fait un point sur la juridiction autour de la revendication de nouvelles terres: il faut, pour être reconnu légitime possesseur d’un continent récemment découvert, l’implication de l’esprit (penser à réclamer) et du corps (y être déjà allé physiquement). Contre toutes attentes, les déclarations de tous ces propriétaires spatiaux ne valent donc rien. 

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